Le CV de Göran Edman donne le tournis. Jetez un œil à son entrée Wikipedia pour juger par vous-même. Le chanteur a collaboré avec les plus grands musiciens depuis les années 80, et son carnet de santé comprend des vaccins prodigués par Yngwie Malmsteen, John Norum, Jayce Landberg, et des piqûres de rappel aux dispensaires MADISON, GLORY, BRAZEN ABOTT, STREET TALK, KARMAKANIC, ou SIGNUM REGIS. Mais tout ceci n’est qu’un petit résumé de la vie de cet artiste, session-man très recherché, qui a illuminé de sa voix certains des meilleurs albums de Rock mélodique.
Depuis quelques années, Göran s’est lancé dans un autre projet, tournant autour de son talent vocal et des aptitudes de compositeurs divers. CRY OF DAWN a déjà présenté son plan sur un premier album éponyme très remarqué, mais après six ans d’attente, les fans commençaient à se dire que ce premier jet n’en était qu’un et n’appelait pas de suite. Ils seront donc ravis de retrouver leur chanteur préféré dans le même costume en 2023, mais cette fois-ci habillé par l’un des maîtres en la matière, Tommy Denander.
Ce dernier, connu comme le loup blanc, s’est non seulement chargé de la composition, mais aussi de l’instrumentation. Guitare, basse, batterie, claviers, programmation, excusez du peu, pour un résultat destiné à mettre en valeur une fois encore le timbre très pur de Göran, totalement à l’aise dans un costard brillant, aux matières nobles.
Sans cravate, sans jabot, mais avec classe, Edman s’est donné à fond pour défendre ce répertoire AOR de classe A, véritable Mercedes des studios, au moteur vrombissant et aux sièges cuir confortables. Un road-trip sans avoir à bouger de votre fauteuil, et qui s’évade de Suède pour bruler le bitume de Californie, celle des eighties, et ce son West-Coast qu’ont défendu en leur temps TOTO et JOURNEY. Le résultat se situe d’ailleurs entre les deux, avec un petit plus d’énergie à la PALACE, soit la quintessence de la douceur musicale aux tonalités harmoniques policées.
Toutefois, restez vigilants amateurs de productions Frontiers, car cet album est un véritable album d’AOR, dans la plus pure tradition de IV de TOTO, de LOVERBOY ou d’un Eddie MONEY des années 80. Ce qui implique donc une guitare et un clavier à parts égales, des harmonies vocales comme s’il pleuvait des larmes, et une rythmique stable, mais souple. Inutile donc d’espérer des riffs en fusion et des coups de caisse claire en béton, les abonnés en sont absents. Douceur, volupté donc, pour des clins d’œil et des références très appuyées (« Swan Song Of Our Love », qui n’aurait pas dépareillé au catalogue TOTO, aux pages Bobby Kimball).
Mais tout Tommy Denander est là si vous cherchez bien. Ce talent unique pour pondre des tubes comme la concurrence accouche péniblement de fillers, la préciosité d’un son américain pur jus, et cette capacité incroyable de caméléon pour offrir à ses interprètes un écrin parfaitement adapté à leur diamant. Il est donc normal que ce cher Göran se sente comme chez lui après ces sept années de silence, puisque Anthropocene est un follow-up magistral à ce premier album éponyme qui nous avait tant séduit.
La précision et les détails sont tout simplement troublants. S’il faut évidemment pour les plus enhardis passer le cap des multiples ballades qui se succèdent, les esthètes se raviront de cette délicatesse de forme et de fond. Parfaite bande-son d’un summer movie de 1986/87, Anthropocene est aussi agréable qu’une légère brise en plein mois d’aout, ou comme le baiser timide d’un premier amour (« Edge Of A Broken Heart », plus Joseph Williams que VIXEN). Evocateur du meilleur CHICAGO des années Peter Cetera ou du REO SPEEDWAGON le moins englué, CRY OF DAWN est une aube qui se révèle dans toute la splendeur d’un soleil aveuglant, une lumière qui donne envie de faire son sac et de démarrer l’engin pour partir sur les autoroutes de la joie.
Lorsque le tempo se dégourdit les jambes, l’euphorie est immédiate (« Sign Of The Times »), et en version mid, l’interprétation est au biseau pour nous ramener aux périodes les plus chaudes. Avec en arrière-plan le podium du Billboard qui prépare sa moquette la plus douce, et des hordes de fans en t-shirts fluo qui affluent en bus ou en vélo, Anthropocene est plus qu’un simple album de plus, il est un voyage dans le temps qui ne se contente pas de capitaliser sur la nostalgie pour exister. Non, le décor est recréé à l’original certes, mais les conditions sont modernes et l’exploitation n’est pas opportuniste. Après tout, Göran traine ses basques dans le milieu depuis suffisamment longtemps pour ne plus avoir à justifier ses choix, lui qui aime le Rock mélodique par-dessus tout.
Alors, la qualité ne flanche pas, et le déroulé défile sans aucun accroc. Professionnel jusqu’au bout des ongles, ce second chapitre partagé par deux poids lourds de la scène suédoise est une ode à la liberté, qui donne des ailes lorsque son beat commence à s’enflammer (« A Million Years Of Freedom », du SURVIVOR survitaminé pour superhéros sans surchauffe). Et à titre d’information, ne vous laissez pas abuser par le médiocre « Devils Highway », qui ouvre mollement le bal. Ce titre est sans conteste possible la seule faute de goût d’un album presque parfait, qui se sent comme un poisson dans l’eau entre mid tempo chaloupé (« End Of The World »), et stupre suave et musqué (« Long Time Coming Home »)
C’est beau, c’est entraînant, ça donne chaud. Entre la caresse du sable sur la peau et la douceur de celle d’une belle éperdue, Anthropocene est une étude anthropologique de la Californie des années 80, et le rapport entre ses fans de Rock et sa musique diffusée sur les ondes. Une étude complète, qui nous replonge dans le contexte, et qui assume ses conclusions : on n’a jamais fait mieux depuis en termes de mélodies, d’harmonies et d’envie.
Titres de l'album :
01. Devils Highway
02. Memory Lane
03. Before You Grow Old
04. Swan Song Of Our Love
05. Edge Of A Broken Heart
06. Sign Of The Times
07. Last Of The Innocent
08. A Million Years Of Freedom
09. End Of The World
10. Long Time Coming Home
11. High And Low
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