J’ai des souvenirs assez précis du Hardcore. Des souvenirs qui remontent à mon adolescence, et qui évoquent des images musicales. La découverte des plus grands, BLACK FLAG, MINOR THREAT, D.I, ADOLESCENTS, et puis tous les autres, POISON IDEA, YOUTH OF TODAY, STUPIDS, j’en passe, des plus ou moins indispensables. Alors, j’ai des conceptions et des préjugés, j’estime toujours en 2020 que le style doit être sans pitié, sec et nerveux, à l’image de son époque et des règles établies à Boston, Venice ou New-York. Après tout, on s’accroche souvent à ce qu’on a connu à un instant T et qui vous a aidé à vous forger une identité musicale. Oui mais voilà, si un style ne s’ouvre pas, il est condamné à se répéter, et à faire du sur surplace, autrement dit, mourir dans l’indifférence. Je n’abjure pas les puristes, j’en fais partie, mais j’accepte que les progrès technologiques permettent au groupe de proposer des choses plus conséquentes, plus en phase avec leur temps, des choses plus épaisses, plus…allez, lâchons le terme, Metal. Hormis le cas Metalcore totalement hors-sujet, le Hardcore est devenu une créature de plus en plus hideuse fondamentalement, mais séduisante dans la forme. En acceptant le legs et la puissance du Metal des années 90, il s’est petit à petit mué en Groove, le fils légitime du Crossover des eighties. Et si le style fait partie de vos prédilections, alors ce nouveau venu va vous aller comme un gant. Mieux que ça d’ailleurs. Il va vous aller comme un gros pain dans la gueule. Car à l’image de la pochette du légendaire Vulgar Display of Power de PANTERA, ce premier LP des STONE HAND est une gigantesque marave au coin d’une rue louche, dans le silence d’une journée maussade, rythmée par l’ennui, le chômage, la violence larvée, et le ressentiment.
« Carcosa est une cité imaginaire qui apparaît pour la première fois dans une nouvelle d'Ambrose Bierce, Un habitant de Carcosa, puis est citée à plusieurs reprises dans les nouvelles du recueil Le Roi en Jaune de Robert W. Chambers » (Wikipedia)
Ceci étant posé, parlons de Carcosa, l’album, et par extension de STONE HAND, la créature/créateur. Le groupe nous vient de Brighton, Angleterre, et en fait résonner la colère. En tant que première œuvre, cet album est d’une magnificence absolue. Pas le genre de LP qu’on cite comme pierre angulaire, pas le genre d’album dont on parle avec révérence car il a défini les canons, non, le genre d’album qu’on pose sur sa platine en exutoire, pour lâcher ses nerfs, bander ses muscles, et en mettre plein les oreilles à ses amis, certainement incrédules d’autant de puissance. Car il symbolise tous les excès les plus indispensables et symptomatiques du Hardcore à tendance Groove. Les énormes riffs, la rythmique qui pilonne sans relâche, le chanteur qui braille Core mais éructe Thrash, et justement, ce bel équilibre entre les trois variables. Thrash, Hardcore, entre les deux, comme un PANTERA dopé aux stéroïdes qui soulève de la fonte pour mieux la propulser dans les couilles du premier emmerdeur venu. Matter over mind. Tel pourrait être le leitmotiv inversé de ces mecs-là qui ne jurent que par la puissance et l’efficacité au détriment de l’originalité. Mais lorsqu’on est sur les nerfs, quand on a les boules, on ne cherche pas la réplique qui tue, le pince-sans-rire absolu. Non, on ventile, on éparpille, on accumule l’énergie dans son torse avant de tendre son bras histoire que son poing rencontre le visage de l’autre abruti à mach 3. Et comme je l’ai déjà dit, Carcosa, c’est un bruit d’os qui craquent, c’est le son d’un gang qui en a dans les dents et qui va casser celles du gang voisin. Une tuerie, une crise existentielle exprimée de la façon la plus primale qui soit, un cri de Janov traduit dans un langage de rue.
De l’immédiateté donc, mais pas non plus de la linéarité à tout prix. Si ce premier album se présente comme un bloc compact et indivisible, il n’en est pas moins décomposé en morceaux qui pris individuellement, tiennent méchamment la route. Avec une gigantesque production, aux graves qui tremblent et aux médiums qui tranchent, Carcosa est une sorte de gigantesque machine de guerre aux nombreuses armes. La principale est évidemment un énorme canon à la puissance de feu dantesque, associant le radicalisme des BIOHAZARD à la souplesse des ILL NINO. Dès « Hanging From The Rafters », les anglais remettent les pendules à l’heure de la brutalité la plus ouverte. Ambiance sombre, chant vociféré, guitares en dualité, puis reprise en unisson pour l’effet de groupe, portée maximale. Les saccades sont évidemment toutes tirées de l’héritage Thrash, mais la cohésion d’ensemble est résolument Hardcore. En passant en revue tous les tempi possibles, en lâchant des licks maousses et des dissonances inquiétantes, le groupe joue l’exhaustivité, et impressionne. Ne laissant jamais les titres s’éterniser, les originaires de Brighton jouent fin, mais multiplient quand même les allusions aux maîtres de SLAYER sur l’intro de « Left To Ember » et sur le long et plus atmosphérique « Carcosa ». Les mélodies sont amères, comme l’écume qui sort des babines, mais le tout est intelligent, agencé, maximisé pour un effet choc et durable. Pas un plan ne se justifie de lui-même, que l’écrasement soit aplatissant (« Decay », tout ce qu’on aime dans le genre en à peine trois minutes), ou plus symptomatiquement scindé en parties complémentaires (« Enslaved By Terror », un coup Thrash, un coup Hardcore). Certes, parfois les facilités pointent le bout de leur nez (« Diluted Mind », le plus Thrash du lot), certes parfois les emprunts se remarquent sans être trop malin (des parties de « Blamed » sont clairement piquées à PANTERA, et les drops restent classiques), mais le tout dégage une telle sensation de furie qu’on excuse facilement ces quelques scories.
Alors, non. Le Hardcore des STONE HAND n’est pas celui des origines, et on s’en fout. On s’en fout, parce que quand on s’en prend une bonne dans la gueule, on ne cherche pas à savoir de quelle direction elle vient. On essaie de l’encaisser en gardant une ou deux molaires. Mais prévenez votre dentiste quand même avant de vous envoyer Carcosa.
Titres de l’album :
01. Hanging From The Rafters
02. Left To Ember
03. Decay
04. Enslaved By Terror
05. Diluted Mind
06. Blamed
07. Malicious Intent
08. Error Effects
09. Carcosa
10. Watch Me Bleed
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04/04/2025, 18:24
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On en avait un "grand" festival de metal extrême, c'était le Fall of Summer et il a coulé, et pas à cause du Covid. Alors couillons, je ne me permettrais pas (et d'ailleurs je vais par ex voir Maiden en juillet comme un couillon
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Mouais mais en même temps c'est un problème de la scène actuelle, tu as encore des couillons pour aller voir Iron Maiden ou Metallica, Alors ouais il y a du bon, mais tu payes majoritairement pour Trivium Dimmu Kerry King et ce genre de merdes. Il y a un temps ou sur ce t(...)
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...Et si on parlait musique svp... Ce n'est pas que le sujet n'est pas important, mais il y a d'autres endroits pour le faire
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Bah oui c'est vrai ! Mais la scène Metal est devenu une telle blague qu'il n'y a plus besoin de poisson d’avril non ? (excuse bison pour dire qu'on avait pas d'inspiration cette année...)
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