Quelqu’un glosait récemment sur la toile, s’amusant beaucoup du préfixe « Blackened » accolé à toutes les extensions. Blackened Death, Blackened Thrash, Blackened Post, et bientôt pourquoi pas Blackened White Metal ou Blackened Black pendant qu’on y est, rendant le Black encore plus noir qu’il n’est. Alors, faisons-nous une faveur, et désignons le premier album des finlandais de PROSCRITION comme le pamphlet Black/Death qu’il est, sans utiliser de terminologie trop moderne et un peu fourre-tout. Pour présenter cet album, inutile de se noyer dans un laïus explicatif trop exhaustif. Il suffit de préciser que le groupe fait partie de l’écurie Dark Descent (liste des groupes hébergés sur The Metal Archives), et qu’il est composé de figures assez notables de l’underground finlandais brutal. On retrouve donc dans le line-up de la formation des noms aussi connus qu’Apep (SACRIFICIUM) à la basse, du batteur Mikko Koskinen (THE LIFTED VEIL), du guitariste Cruciatus (LANTERN) et surtout du chanteur guitariste Christbutcher (EXCOMUNNION). Ainsi placé le contexte, vous devinerez sans peine quelle sentence vous attend en posant vos fragiles oreilles sur ce premier LP, qui intervient enfin trois ans après la création du groupe. Il faut dire que ses membres étaient plutôt occupés chacun de leur côté, et qu’il fallait profiter d’un espace commun pour enfin donner suite à la démo 2017 qui aiguisait l’appétit. C’est ainsi qu’en cette triste année 2020, PROSCRITION nous assomme d’un Conduit qui va en effet vous les ramoner, évoluant dans un registre coutumier aux musiciens impliqués, et qui fait preuve d’un professionnalisme certain…et même trop poussé selon de nombreuses critiques.
En effet, passé l’effet de surprise de ce premier longue-durée sorti de presque nulle part après trois ans d’attente, la routine semble s’instaurer une fois quelques titres digérés. Pourtant, tout commence sous les meilleurs auspices avec « I, The Burning Son » qui piétine tous à des kilomètres alentours, et qui propose un Black teinté de Death très ambitieux, et caractéristique du pedigree des instrumentistes impliqués. On ressent avec bonheur le souffle rauque de la voix inimitable de Christbutcher, toujours en forme depuis l’arrêt d’EXCOMUNNION, cette mise en place au millimètre, cette haine palpable à travers ces riffs grandiloquents, et l’ambiance MORBID ANGEL adaptée au catalogue Dark Descent Records est totalement délicieuse, d’autant que les soli émergeant des limbes maintiennent notre attention. Nous sommes donc piqués au vif d’une violence que le label américain connaît bien et défend de toutes ses productions, et celle signée par K. Laanto au Sonic Violence Audio est évidemment pleine, grave, puissante et ample pour permettre aux compositions de plonger au plus profond des abysses. PROSCRITION ne détonne donc pas dans son écurie, et déroule le tapis rouge de la bestialité chirurgicale, sans forcer son talent, mais sans non plus s’en remettre à des astuces un peu trop éprouvées. Certes, l’ambiance est noire, poisseuse, royale mais décadente, et « Red Sacrament Black Communion » d’enfoncer encore un peu plus le clou en lâchant les blasts comme les rottweilers aux trousses des manants. La science est exacte, le tempo épileptique, les références évidentes, mais alors que le timing de l’album égrène ses minutes, on se prend effectivement d’un malaise palpable, comme si un grain de sable venait bloquer les rouages sans qu’on sache comment ni pourquoi, et encore mois où.
Alors, on se pose, on réfléchit, et on analyse les pistes pour ne pas livrer une conclusion trop hâtive entachée d’ennui. Mais il semblerait après un peu de recul que le quatuor se soit contenté d’une copie certes impeccable, mais manquant un peu de folie et de surprise, un comble au vu de l’énergie et de la démence étalées. Le change est encore donné par l’écrasant « Radiant Midnight », qui turbocompresse comme une machine lancée à plein régime, mais la voix de Christbutcher finit par s’époumoner dans le vide, la faute à des riffs interchangeables, et à une ambiance certes pesante, mais vite fatigante. Comme les titres jouent en plus sur la longueur, cette impression ne se dissipe pas, même si les musiciens font ce qu’ils peuvent pour varier dans la limite du possible, et offrir des intros concentrées et mélodiques (« Thy Black Nimbus Gate »). Et malgré les quarante petites minutes de l’album, la sensation de redite ne tarde pas à devenir une évidence, comme si le LP était trop « propre », malgré son étalage de sévices musicaux indéniables. Le tout tourne encore plus en rond sur l’interminable « Blessed Feast of Black Seth » qui ose une entame d’une minute statique, avant de retomber dans les travers de linéarité déjà dénoncés. Alors certes, les blasts agitent, les guitares crépitent, la voix d’outre-tombe provoque les grand anciens, et l’ensemble est inattaquable dans la forme. Mais le fond, classique et traditionnel finit par manquer de panache, comme si Christbutcher et sa bande s’étaient cantonnés à réciter leurs vers de façon trop scolaire. Oh évidemment, il faut être rompu à l’exercice pour percevoir ces défauts qui éclatent au grand jour une fois la demi-heure passée, mais on sent que le quatuor est capable de quelque chose de plus grand et plus provocant, ce qui déclenche un phénomène de frustration assez gênant.
N’en reste pas moins quelques titres qui écrasent la concurrence de leur brutalité précise, et une œuvre qui globalement ravira les amateurs de Black/Death impitoyable, mais pas encore assez underground pour refouler les néophytes. Conduit est donc plus un cas d’école qu’une révélation, et permettra aux instrumentistes en mal de repères de connaître la limite pour accoucher d’un album impeccable dans le genre, mais encore trop sage pour déclencher les passions les plus folles.
Titres de l’album:
01. Four Wings Within the Samiel
02. I, The Burning Son
03. Red Sacrament Black Communion
04. Radiant Midnight
05. Thy Black Nimbus Gate
06. Voiceless Calling
07. Blessed Feast of Black Seth
08. To Reveal the Words Without Words
09. Conduit
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04/04/2025, 18:24
Personnellement cette scène post-black-mon-cul de bourgeois ouverts, particulièrement ouverts si je puis dire, m'emmerde tellement par son existence que je cherche systématiquement mon shirt le plus NS possible, essaye de m'empêcher d'entrer tu va devoir (...)
04/04/2025, 17:44
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Non honnêtement j'ai été trop gentil c'est une affiche de merde qui cherche à contenter tout le monde, est-ce qu'on peut avoir un grand festival de metal extrême ou c'est trop demander?
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Bah oui c'est vrai ! Mais la scène Metal est devenu une telle blague qu'il n'y a plus besoin de poisson d’avril non ? (excuse bison pour dire qu'on avait pas d'inspiration cette année...)
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Pas une seule vanne lourdingue de poisson d'avril à l'horizon cette année...Je m'inquiète donc pour votre petite santé les gars... ... ...
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