Depuis 2004, on ne peut pas dire que les allemands de NECRONOMICON aient chômé. Après quatre albums publiés entre 1986 et 1994, le groupe de Lörrach a laissé sa créativité l’emporter sur sa raison, en lâchant pas moins de sept albums. Mais est-ce pour autant qu’il faille montrer les dents et se satisfaire de cet allant ? Oui et non, selon les efforts consentis, certains chapitres auraient sans doute mérité d’être mieux écrits et plus réfléchis. Mais alors, cette cuvée 2023 du Thrash roi ? Un arrière-goût de déjà entendu, malgré quelques concessions faites à l’envie, qui émerge de breaks en plans étonnants, selon le métrage.
NECRONOMICON n’a jamais eu prétention à révolutionner la scène brutale germaine, mais simplement à y apporter sa modeste contribution. Si avec les années Apocalyptic Nightmare et Necronomicon ont acquis un statut culte, leur sortie d’époque n’avait pas forcément déclenché l’euphorie ni la folie. Loin derrière les modèles du Big4 allemand, pas vraiment au même niveau qu’un DEATHROW ou d’un LIVING DEATH, entre crudité maitrisée et énergie débridée, NECRONOMICON composait avec ses modestes moyens, mais illuminait toujours de sa présence quelques compilations triées sur le volet.
Constant to Death ?
Titre bien senti, puisque le quatuor (Freddy - guitare/chant), Marco Lohrenz (basse), Rik Charron (batterie) et Glen Shannon (guitare) ne semble pas vouloir s’éloigner de sa ligne de conduite bien tracée. On retrouve sur ce onzième album tout ce qui a toujours fait le charme de cette formation outsider, ces quickies bien velus et ces titres plus épiques et colégram, quelque part entre le dernier OVERKILL et un DESTRUCTION en pleine braderie de garage de son attirail clouté.
Largement supérieur à ses collègues de S.D.I, qui avec leur 80’s Metal Band s’étaient vautrés dans les grandes largeurs, NECRONOMICON insiste donc dans la voie de la solidité, et propose à son public avide de nouveautés un nouveau cheptel de bœufs plus ou moins bien charpentés. Lapidaire lorsqu’il le faut, Heavy quand il commence à faire chaud, Thrash évidemment pour faire plaisir à maman, Constant to Death se situe dans une bonne moyenne, et délivre le message qu’on attendait de lui : Thrash pas mort, mais adapté aux exigences de ce nouveau siècle, affamé de nostalgie et allergique à la léthargie.
Certes, nous sommes encore loin des cimes de l’inventivité, mais la puissance dégagée par cet album convaincra les afficionados les plus ouverts. D’autant que la foi indéfectible affichée par le leader historique Freddy est toujours aussi convaincante, lui qui riffe et vocifère depuis 1984. Entouré de comparses qui ont très bien compris sa démarche, ce bon vieux Freddy continue de sa voix rauque (qui n’est pas sans évoquer le timbre de ce cher Thorsten "Toto" Bergmann en stage avec le géant Schmier) à commenter l’actualité sans complaisance, entre deux licks agressifs et quelques arpèges plus avenants. La quintessence de l’approche du groupe se retrouve dans le monstrueux « The Guilty Shepherd », méchant comme un pitbull la bave aux dents, mais aussi dans le plus abordable « They Lie », qui offre en sus une intro appliquée et bien trouvée.
La voie de l’underground sied donc toujours à ces vilains germains, qui n’oublient pas la dime qu’ils doivent à SLAYER et KREATOR. Mais NECRONOMICON, aussi pugnace fut-il toujours s’est souvent rapproché d’un Metal plus générique et moins atomique, comme le démontre encore « A Voice for the Voiceless », plus proche de RUNNING WILD et d’ACCEPT que de SODOM. Evidemment, certains passages assez mièvres viennent un peu gâcher la fête, la double grosse caisse semble compressée comme une œuvre de César, les guitares ne sont pas toujours en verve, mais l’ambiance globale, le soin apporté à la production, et le point d’honneur mis à respecter les codes transforment Constant to Death en profession de foi qu’il est difficile de conchier, même en faisant preuve de mauvaise foi crasse.
On trouve de tout sur ces étals, de la bonne marchandise, fraiche, qui sent bon le bio du passé, mais qui accepte aussi le conditionnement industriel du présent. Du sous-vide donc, agréable en bouche, qui aguiche les oreilles comme une abeille butine son pollen. Alors, on aurait apprécié des instants plus fumasses, on aurait préféré que le groupe s’éloigne de ses schémas bien tracés qui s’embourbent parfois dans le lourdingue annoncé (« Black Rain »), et on aurait vraiment adoré être plus souvent bousculé par des brulots Speed-Metal de la trempe de « Children Cry Alone », qui nous ramène à la glorieuse époque de Satan’s Defloration Incorporated.
Le travers majeur de ce onzième né est évidemment sa longueur excessive, NECRONOMICON n’étant jamais aussi à l’aise que dans la brièveté. Mais même avec un bon quart d’heure à amputer, Constant to Death reste digeste, actuel sans être racoleur, et déplie même le poster du Thrash germain dans la salle de bain (« Bloodrush », l’un des meilleurs savons du lot).
A vous d’écrémer les fillers qui vous paraissent dispensables pour réassembler un disque un peu dépareillé. Mais même en l’état, et malgré ses longueurs, ce nouvel album vaut bien ceux proposés par la première division blindée allemande.
Ou presque.
Titres de l’album:
01. Constant to Death
02. They Lie
03. Redemption
04. Stored in Blood
05. The Guilty Shepherd
06. A Voice for the Voiceless
07. Black Rain
08. Children Cry Alone
09. Bloodrush
10. Down from Above
11. The Blood Runs Red
12. Poverty Show
13. Outro
Ouh que c'est bon ça !!! !!! !!!Un truc qui puise à mort dans les 90s !NECROMANTIA et BARATHRUM en tête... ... ...
11/04/2025, 09:36
Je veux bien que la société polonaise soit différente, mais ses provocations à deux balles passent pour du Manson 20 ans trop tard, c'est tellement commun..
10/04/2025, 16:41
Juste une remarque, je suis pas au courant des lois françaises, si j'ai outrepassé mes droits vous pouvez virer ce commentaire pas de soucis.
10/04/2025, 15:17
Cher Emptyrior, je suis juste homophobe, voilà tout. Il y a des gens comme ça que veux-tu. Mes excuses si tu es blessé par mes propos, j'espère que tu sauras t'en remettre.
10/04/2025, 15:04
@ DPD : Certaines personnes ne comprennent en effet pas ce qu'implique une guerre, et se permettent de faire tranquillement des commentaires dans leur canapé en mettant pays agresseur et pays agressé dos à dos. L'ignorance et la bêtise n'ont aucune limite(...)
09/04/2025, 23:31
Emptyrior, va donc écouter Taylor Swift si tu veux un safe space
09/04/2025, 05:02
"Des soli qui n’en sont pas et font passer les débuts de KREATOR et SODOM pour des examens de conservatoire" ha ha !Ce groove nihiliste encore. Le pied.
08/04/2025, 22:52
Perso j'ai de quoi faire pour me régaler avec cette affiche : Dark Angel, Enforcer, Benediction, Hexecutor (miam), Belenos, Houle, Suffo (what else ?), etc, sans parler de la scène stoner assez bien représentée cette année... Alors oui déj&agra(...)
08/04/2025, 22:45
@DPD Oui, je suis d'accord, j'ai du mal avec le flicage de tout un chacun pour ses goûts artistiques. Le Metal se nourrit du soufre et de la provocation, il ne doit pas devenir bourgeois compatible. En revanche les remarques homophobes, du genre ''particulièrement(...)
08/04/2025, 20:01
Excellente chronique que je me suis empressé de partager. Je te conseille tout de même de te plonger dans les albums sortis depuis 2015 (en débutant donc par Hammer of The Witches). Tu remarqueras certainement que le groupe est véritablement sur une tr&egrav(...)
07/04/2025, 22:35
Juste regardé la dernière, il s'agit de la fameuse grotte aux cristaux géants (qui ne peut hélas être visitée..).
07/04/2025, 13:00
1 - Géorgie (le pays, pas l'état US)2 - Lozère3 - Kentucky4 - Belize5 - Belize6 - Mexique (état de Chihuahua)Voila voila. Une chasse au trésor ?
07/04/2025, 09:53