Coucou les revoilou, non Michel Polnareff et ses lunettes, mais les norvégiens fous de DISKORD, qui daignent enfin nous donner de leurs nouvelles biscornues. Neuf ans pour accoucher d’un album, c’est un temps de gestation relativement long, et sans échos depuis Dystopics en 2012, nous nous demandions tous si les originaires d’Oslo étaient encore valides et pas en HP. Pour les néophytes, sachez que les DISKORD animent l’underground du froid depuis la fin des années 90, et que leur premier long, sorti huit ans après leur naissance, avait fait du bruit dans les couloirs des webzines. Doomscapes et son titre en D comme l’instaurait la tradition développait de très beaux arguments avant-gardistes, et rappelait la scène des PUNGENT STENCH, DISHARMONIC ORCHESTRA et toute la fange de tarés qui refusent de traverser le Death par le passage piéton.
En clair, fans de Chris Barnes, d’ENTOMBED, de Martin Van Drunen, passez votre chemin, vous risqueriez de vous sentir seul et apeuré dans ce monde étrange. Fidèles à des préceptes qui n’appartiennent qu’à eux, les musiciens d’Oslo nous ont encore pondu une œuvre qui nécessitera des heures d’écoute pour être appréhendée, mais qui se révèlera dans toute sa richesse après des jours de patience et de décorticage en règle. Construit une fois encore sur une succession de plans tous plus dingues les uns que les autres, maniant la rythmique à faire pâlir PRONG et les KILLING JOKE, renvoyant parfois les MESHUGGAH à leurs chères études impaires, les DISKORD mordent dans la pomme comme ce pauvre Adam, mais se sont fait jeter du jardin d’Eden il y a fort longtemps. D’ailleurs, ils n’avaient pas grand-chose à y foutre, en jugeant de la distorsion de leurs propos qui privilégient les stridences, les cassures, les dissonances aux riffs morbides et à l’atmosphère confinée.
Mixé et masterisé par la référence Colin Marston (GORGUTS), Degenerations n’est pas si éloigné que ça de son modèle canadien, bien que les expériences les plus poussées de GORGUTS soient encore trop impénétrables pour nos amis norvégiens. Ici, c’est la déconstruction qui se fait reine, l’expérimentation rythmique, les bruits blancs, les ralentissements déformés, et le tout à des allures de conte de fée qui tourne très mal.
Death parce qu’il faut bien les caser quelque part, éminemment violent, sinueux, cambré et tergiversant, ce troisième album tient toutes ses promesses et permet d’oublier la presque décennie passée dans la tristesse et la déconvenue. Hans Jørgen (batterie/chant), Dmitry (guitare/chant), Eyvind (basse, thérémine, synthés, chant), soit deux membres de DEFECT DESIGNER et le batteur du Muppet Show restent donc calés sur la ligne du parti, et nous envoient valser dans toutes les directions. Pour avoir un petit aperçu de leur « musique », il suffit de s’envoyer n’importe quel titre au hasard, du plus court au plus cauchemardesque, mais en se tassant l’improbable « The Endless Spiral », la vision est claire et les options déviantes.
Difficile toutefois de situer la démarche des norvégiens qui prennent un malin plaisir à décoller toutes les étiquettes. Si leur Bandcamp conseille leur art aux fans de DEMILICH, CARCASS, MORBUS CHRON, VOIDCEREMONY, CADAVER, ATHEIST, CYNIC, ATROCITY, PHLEBETOMIZED, CRYPTIC SHIFT, ou DEFECT DESIGNER, faites le tri vous-même dans les références pour ne pas vous tromper. CARCASS est en effet totalement hors-sujet (même les chirurgiens n’auraient jamais placé une cowbell ludique comme sur l’évident « Dirigiste Radio Hit »), ATHEIST complétement fantaisiste (ça va pas non ? Trop cru !), CADAVER beaucoup trop sommaire et tartare, et il est donc important de ne pas se laisser emporter par l’enthousiasme de connaître quelques noms soi-disant affiliés à ces marsouins.
Ceci dit, avec ses moins de trois minutes, la glace à trois boules « Loitering in the Portal » vous mettra très vite au parfum. Grosse basse Indus à la SWANS, batteur qui se croit dans MR BUNGLE et ATROCITY, chant sourd et à peine audible, catapultages en règle, riffs qui ne sont que prétextes PRIMUS à mettre en avant l’élasticité de l’axe basse/batterie, les éléments sont en place, dans le désordre, pour vous rendre maboule avant l’heure. « .Bionic Tomb Eternal », change complètement de tonalité, et rappelle les fulgurances de Christian Fetish, mais aussi le sadisme du NOLA sud des ACID BATH. Catchy comme un hit improbable, dansant comme une gigue joué par des rednecks, on nage en plein nauséeux, et ça n’est que le début.
La suite ?
La même.
Des morceaux qui ne s’éternisent que très rarement, quelques mélodies malmenées et baffrées d’une sauce d’arrangements en écho sous-marins (« Clawing at the Fabric of Space »), un jeu de cymbales précis, des cris, des labyrinthes de rythmes, et un test de Rorschach auditif pour savoir si vous aviez envie de sodomiser votre père en étripant votre mère (adoptive).
N’étant pas totalement sûr d’avoir compris le délire de « Raging Berzerker in the Universe Rigid », mais complètement emballé par le final « Beyond the Grime », j’accorde donc une note tout à fait arbitraire à cet album, histoire de goût et de subjectivité. Les vrais tarés talentueux sont rares, alors autant les cajoler, mais avec précaution. On ne sait jamais vraiment ce qui peut leur passer par la tête.
Titres de l’album:
01. Loitering in the Portal
02. Bionic Tomb Eternal
03. Abnegations
04. The Endless Spiral
05. Dirigiste Radio Hit
06. Lone Survivor
07. Dragged for Coronation
08. Clawing at the Fabric of Space
09. Atoms Decay
10. Raging Berzerker in the Universe Rigid
11. Gnashing
12. Beyond the Grime
J'aime 6 feet Under et entombed mais aussi Atheist.ou disharmonic...
Et ce Diskord me plaît beaucoup, un peu moins death que le dernier hateful sorti aussi chez TOR.
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