En vieillissant, la mémoire commence à vous jouer des tours. Alors que je m’apprêtais à avouer ne pas connaître les LEAVING EDEN malgré leur parcours fourni, je m’aperçus alors que j’avais déjà traité de leur cas lors de la sortie de leur album précédent The Agony of Affliction…l’année dernière. Je pouvais miser sur des connexions synaptiques déficientes, mais je me rendis compte que cette occultation inconsciente n’était pas forcément due à un problème personnel, mais bien à une relation assez étrange nouée avec le groupe. Certes, j’enfile les chroniques comme d’autre des perles sur des colliers en plastique pour fête foraine, mais l’excuse n’est pas forcément valable à quelques mois d’intervalle. Mais en relisant ma chronique de l’album en question, j’ai vite compris que ma mémoire devenait non déficiente mais sélective, puisque The Agony of Affliction ne m’avait pas vraiment laissé une impression durable. Non que les pauvres américains soient tellement anonymes qu’ils ne méritent pas qu’on s’intéresse à leur travail, mais leur musique est parfois si générique ou au contraire trop difficile à définir qu’on a du mal à imprimer leur emprunte dans notre subconscient…Aujourd’hui, 2020, le quintet se propose donc de continuer son long chemin en nous proposant son huitième album, palmarès riche pour une formation accusant à peine une décennie d’existence. Ayant déjà listé le parcours de la bande, je me garderai de reproduire ici leur discographie ou la liste exhaustive des groupes avec lesquels ils ont partagé la scène entre les Etats-Unis, le Canada ou l’Angleterre, et je me contenterai de parler de ce fameux Dream with Me. Et sans surprise, je confierai que ce nouvel album n’a pas déclenché chez moi de réaction plus épidermique que le précédent.
Pourtant, le Hard-Rock des originaires de Boston n’est pas si rébarbatif que ça, et même assez pluriel dans les faits. Il oscille entre une inspiration typiquement eighties et une optique plus abrasive emblématique des nineties, échappant à une datation nostalgique trop précise. Ce qui est constant par contre chez ces musiciens, est leur absence totale de sens artistique en ce qui concerne le choix de leurs visuels de pochette. Celle de The Agony of Affliction était déjà très vilaine, celle de Dream with Me n’est pas plus séduisante, bien au contraire. Difficile de s’abandonner au rêve en regardant ce graphisme digne de Paint découvert par un gothique/émo de troisième C, mais le contenant n’étant pas le plus important, intéressons-nous donc au contenu. Celui-ci ne diffère pas non plus énormément de ce que le groupe nous a offert depuis le début de sa carrière, avec toujours en exergue des morceaux passant d’une humeur à l’autre, s’ancrant dans une tradition Hard Rock assez moderne dans le fond, mais plutôt nostalgique dans la forme. Nostalgique, mais pas old-school pour autant, puisque LEAVING EDEN possède son identité propre depuis le temps. Enregistré par Johnny K.
(DISTURBED, FINGER 11, 3 DOORS DOWN, STAIND, MEGA DEATH, PLAIN WHITE T’S, POP EVIL, SEVENDUST, ADELITAS WAY), Dream with Me ne s’éloigne donc pas des sentiers déjà battus par les précédentes étapes du groupe, et propose une musique assez simple et efficace, basée sur un formalisme Rock/Alternatif assez notable, ce que « Blood Runs Cold » prouve de son énergie typiquement 90’s. On trouve donc des racines assez fermement plantées dans le sol d’un Hard Rock parfois énergique, parfois plus tendre, avec un mélange d’approches directes et de tentatives de séduction plus modulées. Les cinq musiciens (Eric Gynan à la guitare, basse et chant, Jake Gynan à la batterie, aux synthés et à la programmation, Eve au chant, Alyssa Bailey White aux claviers et Rich Chouinard à la basse) se fient donc à leur instinct pour jouer ce qui leur vient naturellement, et si le tout respire la sincérité, ne s’en dégage pas forcément une impression probante au moment de juger de la pertinence du concept.
En tergiversant pas mal entre les genres, en acceptant l’épure du Punk insérée dans un contexte purement Metal moderne, le groupe déstabilise et donne le sentiment de bouffer à tous les râteliers. Ainsi, « Accuse Me » prend à rebrousse-poil de sa simplicité énergique, tandis que « Dream with Me », le title-track s’abandonne à une nostalgie sensible et créé un décalage assez perturbant dans le déroulé. Pris indépendamment, les morceaux fonctionnent à divers niveaux, mais une fois assemblés, la versatilité peut poser problème, un peu comme si le groupe cherchait encore sa voie après dix ans de carrière. Le son, assez sec ne sert pas forcément la guitare, qui manque de pêche, alors que la basse au contraire se voit choyée et propulsée aux avant-postes. Le chant d’Eve, assez linéaire ne met pas vraiment en relief les harmonies, alors qu’on sent que certains titres auraient pu profiter d’une interprétation plus investie. Cela dit, et malgré ces griefs formulés en toute objectivité, la sauce prend parfois, notamment sur les morceaux les plus puissants, comme « Godless » qui dans un registre Hard agressif passe le haut de la rampe sans difficultés, grâce à un refrain très accrocheur. A l’inverse, « Let Me In » très Pop-Metal eighties est aussi une petite sucrerie délicieuse, qui rappelle les WARRANT, WINGER, et tous les chantres du Hair Metal romantique d’il y a trente ans. Fidèle à ses principes, le groupe cède à son habitude de la reprise incontournable, et nous gratifie après a-HA d’une relecture du classique Folk américain popularisé par les ANIMALS « House of the Rising Sun », dans une version électrique très proche de celle de 1964, quoique beaucoup moins subtile.
Alors, entre quelques syncopes sympathiques et très alternatives (« Chosen »), des durcissements pas désagréables du tout (« 4AM » et son petit côté SIXX AM justement…), et un final à la SOUL ASYLUM total Americana (« When I’m Stoned »), Dream with Me atteint un niveau de qualité tout à fait acceptable, sans laisser un souvenir impérissable. On sent que le groupe a moyen de s’extirper de sa condition un peu générique pour publier un album beaucoup plus cohérent et solide, mais qu’il se contente d’enregistrer les chansons au fil de l’eau. Pas de quoi les honnir ou les mettre au ban, mais pas de quoi non plus en faire un groupe à suivre à tout prix. Rendez-vous dans un an pour un nouvel album qui m’obligera à faire un effort de mémoire pour ne pas les oublier une fois de plus.
Titres de l’album :
01. Blood Runs Cold
02. Accuse Me
03. Dream with Me
04. Chosen
05. 4AM
06. Godless
07. Let Me In
08. House of the Rising Sun
09. Un-Forbidden Pain
10. When I’m Stoned
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On en avait un "grand" festival de metal extrême, c'était le Fall of Summer et il a coulé, et pas à cause du Covid. Alors couillons, je ne me permettrais pas (et d'ailleurs je vais par ex voir Maiden en juillet comme un couillon
04/04/2025, 14:29
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04/04/2025, 11:34
Non honnêtement j'ai été trop gentil c'est une affiche de merde qui cherche à contenter tout le monde, est-ce qu'on peut avoir un grand festival de metal extrême ou c'est trop demander?
04/04/2025, 11:28
Mouais mais en même temps c'est un problème de la scène actuelle, tu as encore des couillons pour aller voir Iron Maiden ou Metallica, Alors ouais il y a du bon, mais tu payes majoritairement pour Trivium Dimmu Kerry King et ce genre de merdes. Il y a un temps ou sur ce t(...)
04/04/2025, 11:25
Autant je me contrefous de MM, autant je suis content qu'il puisse encore jouer malgré ses problèmes judiciaires.
04/04/2025, 08:18
...Et si on parlait musique svp... Ce n'est pas que le sujet n'est pas important, mais il y a d'autres endroits pour le faire
04/04/2025, 07:43
Les deux camps font de la propagande dans cette histoire. Il faut être bien naïf pour penser l'inverse.
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d'avoir commencé la guerre... bon, ben, faut que j'aille me coucher, là...
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Bah oui c'est vrai ! Mais la scène Metal est devenu une telle blague qu'il n'y a plus besoin de poisson d’avril non ? (excuse bison pour dire qu'on avait pas d'inspiration cette année...)
02/04/2025, 22:07