Ce qu’il y a d’assez amusant avec les groupes de Power Metal asiatiques, c’est qu’ils ont toujours dans leur discographie plus de DVD que d’albums. On le sait, l’image est très importante la bas, spécialement lorsque les groupes en question sont entièrement féminins, ce qui est le cas des MARY’S BLOOD.
Ces quatre musiciennes (Eye – chant, Saki – guitare, Rio – basse et Mari – batterie) ont formé leur groupe après avoir quitté leur précédent, DESTROSE, bien décidées à jouer une musique leur correspondant totalement, ce qu’elles essaient de nous démontrer depuis la sortie de leur premier single « Save The Queen », publié en 2009, et surtout depuis leur premier longue durée, Countdown to Evolution, qui fit suite à une jolie pelletée de simples, EP et autres vidéos.
Alors l’image est OK, les demoiselles en question sont jolies, mais nous connaissons tous les travers des combos de Power Metal du soleil levant…Des refrains lénifiants de banalité, une musique stéréotypée qui emprunte autant à STRATOVARIUS qu’à la culture locale, pour un soin excessif apporté au visuel au détriment d’une réelle inspiration de ton.
Mais, il arrive que de temps à autres, quelques exemples entrent en contradiction avec ce postulat somme toute assez négatif…Non que Fate propose un destin entièrement différent des stéréotypes prévisibles, mais il parvient tout de même à proposer quelque chose d’intéressant dans la forme, et au moins suffisamment brutal et mélodique pour mériter votre attention.
Dans la lignée des groupes du cru, les MARY’S BLOOD dispensent donc un Power Metal haut en énergie, assez brutal dans l’exécution, agrémenté de refrains aux harmonies travaillées, qui accrochent l’oreille et agitent les crinières. Ne vous attendez donc pas à une soupe miso formatée pour séduire les masses, les filles jouent très fort, très bien, et se permettent même de métisser leur musique d’arrangements électroniques modernes assez séduisants.
Dans la mouvance des CYNTIA, ALDIOUS et autres BALFLARE, Fate ne propose pas d’innovation majeure, mais joue crânement la carte d’un Metal hautement agressif, qui ne perd pas de temps en considérations mielleuses, et qui parvient grâce à l’incroyable énergie qu’il dégage à se tailler une place dans les meilleures réalisations du genre.
Si vous pensez BABYMETAL, oubliez vite vos idées préconçues. Les MARY’S BLOOD ne sombrent pas dans l’exotisme de marketing, et ne sont pas des poupées dont les ficelles sont tirées par d’habiles concepteurs désireux de vendre un spectacle de marionnettes à un public avide de dépaysement. Techniquement, les filles sont d’un excellent niveau, spécialement l’extraordinaire chanteuse Eye, qui s’arrache les cordes vocales sans tomber dans les tics crispants des Castafiore de Prisunic. Elle sait chanter, grogner, moduler, et s’adapte à tous les contextes proposés par ses sœurs d’armes qui évoluent avec facilité dans des univers différents et parallèles, butinant les fleurs du Power Metal classique (« Nautical Star »), et écrasant les pousses du Néo Death les plus tenaces (« Counter Strike », tonitruante et explosive entrée en matière qui rendrait les AT THE GATES et autres SOILWORK verts de rage).
Mais comme tout groupe de Metal Japonais qui se respecte, MARY’S BLOOD sait aussi ménager la chèvre mélodique et le chou radiophonique, avec quelques inserts hautement commerciaux aptes à faire craquer les charts locaux («Château de Sable », en VF s’il vous plaît, pour un refrain qui va faire exploser les salles). Mais elles ont au moins le mérite d’y glisser quelques soli vraiment diaboliques et des passages compressés atomiques, même si parfois la vigilance baisse et la tradition s’incruste sans toutefois marquer de trop flagrants signes de faiblesse (« HANABI », qui rappelle une délicieuse et très mignonne union entre STRYPER et SYU, genre d’AOR Métal estampillé Japonais, un peu sucré mais qui finit par séduire de ses intonations légères).
Mais pas d’inquiétude à avoir, nous sommes loin d’un décorum pour jeunes filles en fleur décidées à s’émanciper au son d’un Metal aseptisé, et le quatuor redresse bien vite la barre de la brutalité avec un infernal ballet (« Self-Portrait »), qui présente une image beaucoup moins polie, malgré un refrain qui une fois vde plus tire sur les ficelles les plus éprouvées.
Eye et sa bande s’essaient même avec brio à l’exercice de la ballade en demi-teinte, et nous offrent un « In The Rain », doux et onirique à souhait, sur lequel les arpèges sont distillés avec délicatesse, permettant à la voix de cette chanteuse fabuleuse de tenter le double axel de l’émotion et de la passion. Construction en crescendo rappelant l’art fragile des SCORPIONS, pour un final à la « November Rain », qu’on imagine bien exécuté sous une pluie battante de larmes.
Cette même émotion trouve un écho indéniable sur « Change The Fate », pour un des meilleurs trompe l’œil de l’album, puisque le morceau dégénère vite en éruption volcanique débordant de lave en fusion, dans un tourbillon de guitares en syncope, habilement contenu par une basse enfin plus présente aux avant-postes.
Le quatuor nous laisse sur une note qui résume à merveille la partition variée de l’album avec une dernière valse Power Metal endiablée (« Queen Of The Night »), qui fait toutefois un peu regretter que la tentative de Metalcore technoïde de «Angel’s Ladder » n’ait pas été plus approfondie…
Mais, loin d’être un reproche, cette constatation ne m’empêche nullement de vous conseiller chaudement Fate, ce troisième LP des Japonaises de MARY’S BLOOD (qui fait suite au Bloody Palace de l’année dernière), qui prouve que le quatuor est parvenu à une maturation indéniable dans la variété et l’éclectisme, sans nuire à la cohérence globale.
Du Power Metal très bien exécuté et composé, qui s’il reste assez typique de la scène de l’extrême orient, en représente une sorte de quintessence qui risque de gravement séduire les fans du genre.
L’album sera disponible en version deluxe, agrémenté d’une seconde rondelle en forme de DVD documentaire, packaging usuel de ce genre de sortie, mais qui vous permettra d’en savoir un peu plus sur ce groupe aussi sympathique que séduisant.
En attendant, quelques vidéos sont disponibles sur Youtube pour régaler vos ouïes et vos mirettes, mais n’oubliez pas que la musique prime avant tout, ce que Fate démontre en étalant un destin qu’on imagine très favorable pour nos quatre musiciennes.
Titres de l'album:
Alors, j'ai vu les prix et, effectivement, c'est triste de finir une carrière musicale emblématique sur un fistfucking de fan...
20/02/2025, 19:08
J'avoue tout !J'ai tenté avec un pote d'avoir des places le jour J...Quand on a effectivement vu le prix indécent du billet, v'là le froid quoi...Mais bon, lancé dans notre folie, on a tout de même tenté le coup...
20/02/2025, 18:52
Tout à fait d'accord avec toi, Tourista. En même temps, on a appris qu'Ozzy ne chanterait pas tout le concert de Black Sabbath. Du coup, faut essayer de justifier l'achat d'un ticket à un prix honteux pour un pétard mouillé.
20/02/2025, 09:27
Tout est dit.Que ce soir devant 50 personnes dans une salle de quartier ou dans un festival Hirax et en particulier Katon assuré à l'américaine. Parfait.L'album précèdent reste terrible. A voir celui ci.
19/02/2025, 17:51
Hell Yeah!!! Voilà ce que j'appelle une bombe bien métallique.P.S: Il serait bien que ce site passe en mode sécurisé: https car certains navigateurs refusent son ouverture car il est considéré comme malveillant.
19/02/2025, 16:32
Pareil, vu au Motoc l'année dernière plus par curiosité qu'autre chose : et bah c'était excellent ! La passion qui transpire, la nostalgie d'une époque aussi et puis cette énergie !
17/02/2025, 21:39
Oui, Keton de Pena est une légende encore vivante avec son Thrash reprenant pas mal les codes du Heavy. Il y met cette ambiance jubilatoire en forte communion avec les fans (il a dû vous faire le coup du drapeau). Je l'ai vu deux fois il y a une dizaine d'années, c&a(...)
17/02/2025, 13:18
Vu pour la toute première fois en live l'été dernier.Il était grand temps pour moi au vu que j'adore ce groupe...Le concert était laaaaaargement au-dessus de ce que j'en attendais : Ambiance, prestation, joie communicative, ultra-res(...)
17/02/2025, 06:50
C'est un groupe assez ancien en fait, ils ont bien vingt ans de carrière derrière eux. Martin Mendez les a recrutés pour son propre groupe parallèle à Opeth, White Stones, car il est installée à Barcelone. Ils avaient commenc&eacut(...)
15/02/2025, 18:14
Âge oblige, j'ai connu à fond cette époque et elle était formidable. Evidemment, aujourd'hui, il y a internet mais le gros avantage du tape-trading, c'était que, par défaut, un tri s'effectuait, copie après copie (de K7). Aujourd(...)
14/02/2025, 05:50
AAAAh Benediction... Toujours un plaisir de les retrouver. Et en live c'est du bonheur (efficacité et bonne humeur!)
13/02/2025, 18:38
Dans son livre "Extremity Retained", Jason Netherton met en lumière l'importance énorme que ce phénomène a eu lieu dans la naissance de la scène. Tous les acteurs isolés dans leurs coins du monde échangeaient par ce moyen, et cela le(...)
12/02/2025, 01:30