Un label danois de référence qui va traquer son gibier au Chili, voilà qui n’est pas banal. C’est pourtant l’aventure qu’ont vécu les chiliens de HUNTER, après un simple premier album partiellement chanté dans leur langue natale. Belle histoire donc pour ce quintet originaire de La Serena, qui passe d’un premier chapitre dix titres à une suite de douze, et qui nous offre donc près d’une heure de musique, et pas n’importe laquelle. Fascinés par le Hard Rock mélodique à l’italienne et à l’américaine, les HUNTER auraient tout à fait pu se retrouver au-dessus de la cheminée de Serafino, tant leurs chansons exhalent l’air des productions Frontiers les plus fameuses. Mais c’est bien le Danemark et non l’Italie qui a remporté le trophée, et je remercie Lions Pride Music de nous offrir ce second longue-durée sur un plateau.
Hungry Heart est le genre d’album faussement simple, mais réellement honnête, qui actualise les recettes des années 80 pour les renouveler façon 2021. Le genre d’album qui wears his heart on his sleeve comme disent nos amis anglo-saxons, et qui se révèle à son plein potentiel dès ses premières mesures. Cinq musiciens vraiment amoureux de cette musique radiophonique, en pleine osmose, et en totale communion avec leur producteur. Car si un album est le fait de musiciens et de leurs compositions, il est aussi celui d’un producteur qui comprend la musique et qui lui offre le relief idoine. En l’occurrence, le travail formidable d’Ed Omar Carabantes est à souligner au moment de dresser le bilan artistique de cette suite tant attendu, le producteur/chanteur ayant développé des trésors d’imagination pour faire briller ces morceaux au-delà des étoiles. Son gigantesque mais intime à la fois, claviers rutilants mais pas envahissants, guitare qui refuse de se laisser brider, et chant admirablement bien mixé, et qui n’écrase pas l’instrumental. Les soli magnifiques peuvent aussi remercier Ed, puisqu’ils bénéficient d’un traitement aux petits oignons, embellissant des morceaux déjà taillés dans le diamant mélodique le plus pur.
Le palmarès de Carabantes est sans doute plus modeste que celui de certains de ses homologues comme Alessandro Del Vecchio, mais il n’en reste pas moins d’importance. Pour qui connaît l’œuvre des GUNNER, ou de REVLIN PROJECT, Ed a une fois encore tutoyé les sommets avec Hungry Hearts, se mettant au service des ballades tout en restant disponible pour les morceaux les plus puissants. Cet équilibre se constate sur le modulé « Sad Eyes », déjà connu des fans, et qui nous ramène directement aux grandes heures de la FM américaine des années 84/85. Ce titre, judicieusement placé en début de parcours offre une sacrée bouffée d’air frais avec ses chœurs à la DEF LEPPARD et son emphase à la Richard Marx. On comprend alors que les cinq chiliens ont assimilé le répertoire Melodic Rock/AOR sur le bout des doigts et du cœur, et que leur second album est une véritable profession de foi.
Ed Carabantes (chant/production), Claudio Guerrero (guitare), Leo Correa (claviers), Juan Carlos Alfaro (basse) et Marcelo Alegria (batterie) livrent donc un quasi sans faute pour ce second tome de leur saga. Mais à contrario d’albums plus immédiats de l’école suédoise, Hungry Hearts demande de la patience, de l’amour pour être apprivoisé, et ne s’appuie pas que sur des refrains accrocheurs et légèrement putassiers. Non, le Rock des HUNTER est plus posé, plus réfléchi, et osons le terme, plus peaufiné, et pour en apprécier la substance, il convient d’y revenir régulièrement pour apprécier des morceaux différents, qui ne vous ont pas frappé l’esprit à la première écoute. Le rythme global de l’album, refusant la légèreté d’un mid-tempo catchy, joue souvent avec la pesanteur et les guitares Heavy. Pour exemple, « Destination », qui sonne comme un crossover WINGER/DEF LEPPARD est aussi moite qu’optimiste, mais laisse une sensation de tension que l’on appréhende que si l‘on accepte la part de Heavy dans le Rock mélodique. Le travail impeccable de Juan Carlos Alfaro, les guitares saignantes, et le chant velouté d’Ed Carabantes, meneur de troupes, font de ce simple morceau un petit joyau de Rock à la californienne, avec les palmiers inclus dans le refrain.
Les hits ne manquent pourtant pas sur cet album, loin s’en faut. Le morceau éponyme, placé en ouverture est un genre d’archétype de perfection, avec son beat bouncy et ses claviers ludiques. Le groupe a donc joué la sécurité en entame pour attirer le chaland, avant de lui demander plus d‘efforts par la suite. Et avec des inserts dépassant souvent les cinq minutes, l’auditeur doit d’accrocher à la partition pour ne pas perdre l’équilibre, l’heure de jeu exigeant une attention toute particulière. Car dès « Tore Love », l’ambiance change, se tamise, le tout se densifie, et s’éloigne des facilités AOR en vogue un peu partout dans le monde qui accepte les reprises formelles et la lecture au premier degré.
Je n’essaie pas via ce laïus de transformer les HUNTER en groupe d’exception ou en leader de sa génération, mais je tiens quand même à préciser que leur album est plus dense que la moyenne. On sent du BON JOVI, du JOURNEY, du H.E.A.T, mais on sent surtout une honnêteté incroyable dans l’approche, et un sens de la synthèse redoutable. Chaque morceau pourrait provenir d’un best-of, d’un greatest hits de groupe établi depuis des décennies, sans que les HUNTER ne puissent être accusés de plagiat. C’est ce qu’on ressent en jouant « Somebody Said (Love Is A Lonely Word) », et « Tonight », qui se ressemblent beaucoup et qui abordent le versant de la mélodie sous son angle le plus smooth et tendre.
Une heure de musique semblera trop pour certains, et il est évident que le quintet ne maintient pas toujours la pression. Avec deux chansons en moins, l’album aurait approché de près la perfection, En l’état, il est une excellente réussite, et la preuve que la confiance danoise n’a pas été accordée au hasard ou par pur sens de l’exotisme.
Titres de l’album:
01. Hungry Heart
02. Tore Love
03. Far Away
04. Love Hunter
05. Sad Eyes
06. Destination
07. Rise Up
08. Snake
09. Somebody Said (Love Is A Lonely Word)
10. Tonight
11. We Gotta Fight
12. Warmer Love
"...jouer un concert en Arabie Saoudite. Un honneur absolu et un privilège. Les loups du nord apporteront la tempête hivernale à Riyad !"Un véritable honneur absolue de jouer en Arabie Saoudite, la ou les apostas sont condamnés &agra(...)
21/11/2024, 08:46
Quand on se souvient du petit son des années 80... Mais la prod ne fait pas tout, ça reste du pilotage automatique. C'est pas avec un truc pareil que je vais me réconcilier avec eux, et ça fait 20 piges que ça dure.
19/11/2024, 21:57
J'avais pas vu cette chronique. J'étais au soir avec Ulcerate et je n'ai pas du tout regretté...Le lieu : il y a forcément un charme particulier à voir ce genre de concert dans une église, surtout que le bâtimen(...)
15/11/2024, 09:51
Le who's who des tueurs en série. Un plus gros budget pour l'artwork que pour le clip, assurément. (...)
14/11/2024, 09:20
J'imagine que c'est sans Alex Newport, donc, pour moi, zéro intérêt cette reformation.
11/11/2024, 16:15
NAILBOMB ?!?!?!?!Putain de merde !!! !!! !!!J'savais pas qu'ils étaient de nouveau de la partie !!!Du coup, je regarde s'ils font d'autres dates...Ils sont à l'ALCATRAZ où je serai également !Humungus = HEU-RE(...)
11/11/2024, 10:09