Ce volatile noir de jais ne bénéficie pas d’un très grand capital sympathie auprès des humains…Chassés dans les champs avec force épouvantails ridicules, on le retrouve souvent dépeint lors des retranscriptions de scènes de bataille, et il reste le symbole de la désolation, de la tristesse et du malheur. Et on a même donné son nom à tous ces lâches qui dénoncent leurs contemporains derrière un anonymat peu glorieux.
Pourtant, dans le règne animal, ils se caractérisent par un courage sans bornes, une sociabilité, beaucoup d’intelligence et de fidélité.
Alors, le corbeau, oiseau à réhabiliter ?
Indéniablement. Et quoiqu’il en soit, et malgré l’opprobre publique, j’aime cet animal. Parce qu’il est beau. Parce qu’il vit sa vie sans se soucier du qu’en dira-on.
Un peu comme ce groupe dont je vais vous parler ce matin…
A savoir dans quel sens ce gang de Quimper a adopté son patronyme…Pourraient-ils dénoncer quelque chose sans vouloir qu’on les identifie ? Restent-ils seuls dans leur coin ? Où sont-ils fidèles à une éthique individuelle dont ils ne dévient pas ?
Vous savez quoi ?
Je pense que c’est tout ça à la fois.
Au départ, CORBEAUX, c’était du Post Rock. Mais comme tous les chantres du style, ils ont mis en application les préceptes de toute conception « Post », et ont évolué. Aujourd’hui, leur musique est si libre qu’il est très difficile de la classer quelque part, alors on parler de Free Noise Rock, de Mathcore apprivoisé, et plus simplement de Rock alternatif sans brides ni limites.
Après leur second album, Hit The Head, le quatuor (Mickaël Pochet – guitare & chant, Mathieu Crétier – basse & chant, Maël le Guichaoua – guitare et Joris Saïdani – batterie) a décidé d’aller encore plus loin dans son exploration des sentiments et a agrandi une fois de plus sa palette sonore. Et le résultat de cette quête permanente se trouve dans les pistes de ce quatrième LP, Kind Words, qui en effet à bien des choses douces à entendre.
Une fois de plus, l’équipe s’est articulée autour d’Amaury Sauvé (AS WE DRAWN, BIRDS IN A ROW) et Magnus Lindberg (CULT OF LUNA, ABRAHAM, et surtout COILGUNS), a gardé sa trame de départ, et a brodé des thèmes sombres, contemplatifs, remplis de stridences, de poussées de colère, de nostalgie, mais aussi d’une tristesse sourde qui donne à plusieurs morceaux une couleur passée.
La méthode est éprouvée, repose sur une liberté de ton, d’accents bruitistes, mais aussi de longues digressions d’une harmonie nostalgique ou irritée. On sent quelques influences notables, quoique après toutes ces œuvres enregistrées, le groupe sache très bien où il va, avec ses propres moyens. Avec la présence active de Magnus, la référence COILGUNS est bien sûr incontournable, mais la musique des Quimpérois est beaucoup moins heurtée que celle de ses homologues.
Il y a beaucoup de violence dans cet opus, mais elle-est la plupart du temps larvée, pas franchement ouverte, bruyante, mais pas assourdissante.
La production un peu cotonneuse confère aux titres une aura un peu distante, et se trouve parfaitement illustrée par le morceau « The Light Has A Voice », avec ce chant vraiment sous mixé, cette basse énorme qui fait trembler le feedback mesuré de la guitare, un peu comme si les MELVINS et UNSANE se trouvaient dans un état apathique dont ils ne parviennent pas à s’extraire.
Pas d’énormes différences entre Kind Words et les travaux antérieurs du quatuor, juste un perfectionnisme dans l’approximation, et des plans qui s’enchaînent de manière très fluide. Bien évidemment, parfois la machine s’emballe un peu, mais toujours en restant sous contrôle, et « Helena Markos » (la Mère des soupirs dans la trilogie des Trois Mères d’Argento) de propulser une rythmique tribale striée de riffs lacérés et de cris désespérés, qui vont à l’encontre des murmures qui s’échappaient de la bouche ridée du personnage évoqué. Mais là est la dualité de ce groupe qui joue avec les frontières de style. Crier pour mieux susurrer, bousculer pour passer sans se faire remarquer, violenter sans toucher….
Alors, que vous parliez de Post Hardcore, de Noise, de Post Noise ou de Metal Alternatif abrasif, peu importe. La musique s’exprime par elle-même au-delà des mots, et c’est comme ça que les CORBEAUX entendent leur cri.
Il est complexe, évite les poncifs de la brutalité trop ouverte, mais dérange. Sur ces sept nouveaux morceaux, trois jouent la montre et écrasent les six minutes, sans jamais se répéter ou être trop complaisants.
Ils en posent d’ailleurs deux en ouverture de l’album, dont le bondissant « Corpse Pose », qui démarre sur les chapeaux de toms, et qui oppose la furie rythmique des UNSANE et la nonchalance des LIZARD. Duo basse/batterie en prédominance, guitare qui tisse des motifs harmoniques instables et presque maladifs, et chant qui recule d’un ton pour être à peine perçu et laisser respirer l’instrumental.
« Old Tired Horse » au contraire laisse la gravité se présenter, avant de l’accompagner de quelques réminiscences Jazzy. Quelques arpèges sobres, un contretemps discret, et un crescendo qui trouve soudain son apogée dans une rupture provoquée, qui termine dans un chaos de bruit blanc assourdissant, comme si les MILK et les COILGUNS fonçaient droit dans le mur sans chercher à éviter leur trajectoire fatale.
A contrario, le final « Twig » avoue sa franchise dès ses premières secondes, et rappelle la scène Noisy New-yorkaise, en fracassant sa rythmique sur un bloc de guitares pourtant fissuré. On alterne poussées suffocantes et libérations oxygénées, et on laisse quelques notes ramener un peu d’air dans cette ambiance moite et concentrée. Fin du quatrième épisode, qu’on trouvera sans doute un peu court, mais…fidèle.
Fidèle à une démarche, à une envie, celle de ne rien faire comme les autres. Alors oui, les corbeaux sont des oiseaux très intelligents, et fidèles. Et pas du tout des symboles de mort ou de mauvais sort comme la culture anglo-saxonne aime encore à le faire croire.
Du côté de Quimper, on aime les voir s’envoler régulièrement. Ils sont annonciateurs d’une musique fertile, et d’une inspiration riche.
Et surtout, d’un peu de bonheur bruitiste certes, mais cathartique d’une certaine manière. D’une tristesse assumée. Mais qui paradoxalement, rend heureux.
Titres de l'album:
Bah oui c'est vrai ! Mais la scène Metal est devenu une telle blague qu'il n'y a plus besoin de poisson d’avril non ? (excuse bison pour dire qu'on avait pas d'inspiration cette année...)
02/04/2025, 22:07
Pas une seule vanne lourdingue de poisson d'avril à l'horizon cette année...Je m'inquiète donc pour votre petite santé les gars... ... ...
02/04/2025, 09:16
Je tombe sur la chronique et ce visuel de groupe intrigant. Cette nouvelle offrande est franchement pas mal, à confirmer avec plus d'écoutes.
01/04/2025, 15:21
On en parle des groupes qui tournent en Israël ? (Comment ça, je trolle ?)Alors, pour moi [qui suis à 200% pro-ukrainien pour ce qui concerne le conflit actuel et 0% russophobe (je considère qu'il y a une différence entre la Russie et la Russie de Pout(...)
31/03/2025, 21:24
Bon...Je viens de me bouffer à peu près la première moitié de leur discographie là...Comme dirait le penseur, cela m'en touche une sans faire bouger l'autre.J'aurai essayé ma foi... ... ...
31/03/2025, 09:08
Quand je vois certains commentaires ici, on mesure à quel point la France (et pas que) est gangréné par les idiots utiles de la Russie. J'aimerais bien vous y voir si ce dégénéré de Poutine avait envahi la France : comment l'auriez-vous j(...)
31/03/2025, 08:54
Je n'avais pas été vraiment convaincu par l'album précédent, trop gonflé aux hormones inutilement, là ça respire, ça pue le old-school à plein nez, ça sent l'achat !
29/03/2025, 07:54
On va peut-être vous ouvrir un sujet "La Géopolitique vue de ma fenêtre" dans le forum, ça pourrait vous être utile parce que je ne suis pas certain que ça passionne tout le monde tout cela....En tout cas, étant donné qu'il y(...)
28/03/2025, 17:07
28/03/2025, 09:03
"Oui, comme nous en France en 1914 quand nous voulions récupérer l'Alsace et la Lorraine. Rien de choquant pour moi."Ouais, rien de choquant. Cet idiot utile de Zelensky avait juste faite sa campagne en faveur de la paix.
27/03/2025, 20:46
"Poutine ne s'est pas levé un matin en se demandant ce qu'il pouvait faire ce jour-là, puis a décidé que d'envahir l'Ukraine, ce serait marrant"Ça c'est une certitude, pour Poutine l'Ukraine c'est la Russie. Po(...)
27/03/2025, 20:18
Et l'Ukraine n'a pas respecté les accords de Minsk, Zelensky déclarant même vouloir récupérer le Dombass par n'importe quel moyen.C'est un peu plus compliqué que les Russes ont envahi l'Ukraine (Poutine ne s'est pas lev(...)
27/03/2025, 19:36
Génocide ou pas, il y a un pays qui en a envahit un autre (du moins il essai hu hu). Point barre. C'est pas plus compliqué que ça. Si on cherche à justifier ou excuser ça, le monde va devenir un enfer total (plus qu'il ne l&apos(...)
27/03/2025, 16:49
Je ne vois pas pourquoi les fans Russes du groupe devraient pâtir de la politique de POUTINE et être privés de les voir en live. La prochaine étape c'est quoi ? obliger tous les groupes à arborer un drapeau ukrainien ?
27/03/2025, 15:53