Direction Tangerang en Indonésie pour une séance spéciale d’écoute du troisième album des locaux de CARNIVORED, dont le baptême ne saurait tromper qui que ce soit. Formé en 2006, ce quatuor a déjà proposé plusieurs formats pour laisser le public extrême apprécier sa musique, dont une première démo deux ans après sa naissance. Mais il faudra attendre 2012 pour apprécier le fruit de leur création avec le premier album Revival, qui dès 2012 mettait au point la philosophie virile d’un Death formel, mais efficace. Deux ans plus tard, c’est le second chapitre No Truth Found qui prend la suite, avant que le groupe ne se mure dans le silence pendant près de sept ans. Aujourd’hui, fort d’une signature avec le label national Lawless Records de Jakarta, CARNIVORED revient plus remonté que jamais, et visiblement très inspiré. Car si son premier long n’atteignait pas la demi-heure alors que le second doublait presque la mise, Labirin taille dans les grandes largeurs et propose plus d’une heure d’agression non-stop, ce qui est un pari pour le moins risqué
En effet, soixante-cinq minutes de Death classique semblent un peu excessives, et c’est indubitablement le premier talon d’Achille de ce troisième LP, censé représenter le virage le plus difficile à négocier d’une carrière. Sans doute les musiciens ont tenu à excuser leur longue absence, et c’est ainsi que Labirin se permet douze compositions bien tassées, pas toutes forcément inspirées, et un peu trop linéaires pour provoquer la surprise sur la longueur. D’autant que le combo n’a pas choisi un créneau facile, en opposant la rigueur rythmique d’un MESHUGGAH et la crudité technique d’un NILE ou d’un GOJIRA. Sans vouloir les condamner d’avance, on pourrait presque affirmer que les premiers morceaux de ce nouvel effort révèlent toutes les astuces à venir, ou presque, même si les indonésiens nous réservent quelques surprises au passage.
Rayhan Syarif (guitare), Oces Rachmat (batterie), Ronald Alexander (chant) et Welby Cahyadi (basse) évitent donc la dispersion, et se regroupent autour d’une violence concise, presque dénuée de mélodies. Leur approche est résolument rythmique, avec des plans méchamment saccadés, et des interventions vocales rappelant de près la théâtralité brute de Jens Kidman. On en trouve une parfaite illustration sur le long et sinueux « Industrial Casualties », qui pendant sept minutes permet au batteur Oces Rachmat de faire montre d’une dextérité assez bluffante, même si sa grosse caisse souffre du syndrome de la compression excessive.
Deux titres se taillent donc la part du lion sur Labirin, celui déjà cité et évidemment le title-track, qui à eux deux forment une longue symphonie d’un quart d’heure, noyée dans une masse d’informations conséquente. Mais si « Industrial Casualties » reste dans des balises rassurantes mises en place dès le début de l’album, « Labirin » au contraire propose des pistes plus instrumentales et presque harmoniques, avec de beaux exemples de soli à la DEATH, qui justement nous ramènent aux années 90, lorsque le genre se sophistiquait à outrance. Mais avec un seul morceau sous la barre des quatre minutes, CARNIVORED a joué un jeu dangereux, et se montre un peu trop insistant dans l’attaque et la pression. Quelques idées bien trouvées viennent nous sauver du marasme, des pointes de basse assez intrigantes, des découpages encore plus précis et taillés au biseau, et si le Death des indonésiens a atteint une maturation remarquable, cette abondance nuit à la cohésion d’un retour qu’on trouve finalement assez répétitif. En taillant dans le gras et en supprimant deux compositions pas forcément indispensables, les musiciens auraient pu condenser leur propos et se montrer plus persuasifs, d’autant qu’ils ont les qualités pour ça.
Toutefois, ne pensez pas le tableau noirci. Labirin est une solide affaire de Death technique classique remis au goût du jour d’une époque qui se montre de plus en plus exigeante dans les faits, et délivre des moments de bravoure assez notables. Notamment quand la machine s’emballe et densifie le propos, comme à l’occasion de la boucherie clinique « Paranoia ». La guitare de Rayhan Syarif se montre constamment prolixe et ne riffe pas au hasard, et si le chant de Ronald Alexander reste un peu trop systématique pour vraiment séduire, l’osmose entre les trois autres musiciens permet des démonstrations parfois dignes d’un PESTILENCE au sommet de sa forme.
Sans être anecdotique, cette troisième étape du parcours de CARNIVORED est peut-être trop ambitieuse pour vraiment relever le défi. Je concède que les atmosphères restent travaillées, dont celle de « Death Invest », subtilement oppressante et pourtant emprunte d’une touche de mélodie, mais ces mêmes atmosphères ne sont souvent que des prétextes pour imposer des intros en trompe l’œil. Le quatuor retombe vite dans ses travers d’agression répétée, et nous empêche d’adhérer complètement au propos. L’album se termine par un long silence, soudainement interrompu par un exercice rythmique sidérant de précision (« Gerilya Voodoo »), mais la sensation générale reste celle d’un trop plein et d’une volonté trop étouffante d‘occuper le terrain. Le groupe gagnera la prochaine fois à résumer son inspiration pour délivrer une copie plus compacte, et plus convaincante. En reste le sentiment de musiciens très pointus et maîtres de leurs propos, qui se sont laissé dépasser par leur enthousiasme.
Titres de l’album:
01. Tunduk Raga
02. Tools Of Silence
03. Rintih Mengemis
04. Sekarat Asa
05. Sekutu Hitam
06. Paranoia
07. Industrial Casualties
08. Terjerat Senyap
09. Death Invest
10. Angkuh Menjalar
11. Labirin
12. Gerilya Voodoo
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