Depuis le temps que je chronique des groupes/projets/concepts drivés par l’omnipotent et l’omniprésent Alessandro Del Vecchio (c’est en grande partie de ma faute avec cette sale habitude de parler de tous les produits estampillés Frontiers…), il fallait bien qu’un jour je m’attaque à l’un de ses groupes, et c’est donc avec une grande joie que je traite aujourd’hui du quatrième longue durée d’EDGE OF FOREVER. Pour les néophytes, EDGE OF FOREVER fut fondé en 2002 par Alessandro, et après deux albums forts remarqués (Feeding The Fire produit par Marcel Jacob et Let The Demon Rock'n'Roll par Bobby Barth), le claviériste prit les commandes totales du groupe en assurant lui-même la production et confortant ainsi son leadership. C’est donc sous sa coupe absolue qu’Another Paradise vit le jour…en 2009. Il faut dire que le producteur maison et golden boy de Serafino n’a pas vraiment eu le temps de bosser à son compte, accumulant les productions et collaborations, l’une des dernières en date étant LOVEKILLERS avec Tony Harnell. Et avec cette somme conséquente de travail, on comprend mieux pourquoi Del Vecchio n’a pas daigné donner des nouvelles musicales de son groupe principal depuis dix ans. Mais nonobstant cet état de fait, il est donc important de considérer avec la plus grande attention cette sortie, ce Native Soul qui renoue donc avec le Del Vecchio acteur de son propre destin musical. La première question qui vient à l’esprit étant la suivante : une décennie de silence a-t-elle changé quoi que ce soit à l’orientation du groupe ? La réponse est claire non dès le premier morceau mais le second, puisque « Native Soul » met les choses au point en quelques minutes. Non, rien n’a changé, EDGE OF FOREVER est toujours le monstre de Hard Rock mélodique qu’il a toujours été, et revient en grande forme dans une nouvelle configuration, toujours articulée autour de son indéniable leader mais avec un line-up rafraîchi.
Outre Alessandro au chant et aux claviers, nous retrouvons donc au casting de ce quatrième long Aldo Lonobile (SECRET SPHERE) à la guitare, Nik Mazzucconi (LABYRINTH) à la basse et Marco Di Salvia (HARDLINE) à la batterie, soit une formation top-notch comme le diraient nos amis anglo-saxons. Et dire que le pedigree des musiciens éclate aux oreilles à chaque break et refrain est d’une évidence lénifiante, puisqu’outre une compétence globale en termes de composition, les morceaux bénéficient tous de petites trouvailles techniques incroyables et de soli forgés dans le feu de l’acier, ce qui achève de conférer à Native Soul une aura magique et presque mystique. Impossible de ne pas voir en cet album une sorte d’hybride entre le Metal progressif et le Hard Rock mélodique, spécialement lorsque la température monte et que la tension en fait de même. Ainsi, « Take Your Time », son riff d’airain et ses descentes de manche à la DREAM THEATER fait assurément le lien entre la séduction radiophonique et la virilité musicale, et s’assure de l’intérêt du public Metal souvent réfractaire aux harmonies un peu trop prononcées. On pourrait presque voir dans cet exercice une volonté de proposer une version plus musclée du RAINBOW de légende, tout en gardant du coin de l’œil les mélodies constituant l’essentiel du patrimoine AOR américain. Un crossover terriblement bien fait donc, mais qui n’empêche pas la majorité du répertoire de s’agencer autour de chansons addictives, aux couplets marquants et aux refrains frappants. De l’abordable qui n’en a pas oublié la puissance au vestiaire, et ce, dès « Native Soul », qui semble tout droit sorti du cerveau fécond du HAREM SCAREM de la plus grande époque. On retrouve cette inclinaison à jouer le Melodic Rock de façon terriblement Heavy, mais aussi cette façon de trouver un juste milieu entre la souplesse et la rigueur, avec ces chœurs symptomatiques d’un AOR de qualité et cette guitare qui frappe tous azimuts. Et croyez-moi, malgré le leadership d’Alessandro aux claviers, elle ne se gêne pas pour occuper le terrain.
Parlant d’Alessandro, l’homme n’a évidemment rien perdu de ses capacités vocales hors normes et lyriques, ni de son sens aigu de la composition qui touche. Et si « Three Rivers » en intro se la joue a cappella et superposition de couches vocales, il ne faut y voir qu’une façon un peu atypique de célébrer son retour, puisque « Promised Land » renoue rapidement avec le meilleur de l’AOR made in Italy. Toujours aussi conscient des impératifs d’un style qui ne supporte ni l’approximation ni la demi-mesure, le maestro a soigné tous les aspects de son travail, offrant à Native Soul une production au-dessus en tout soupçon, terriblement claire, incroyablement ample, mais avec ce petit supplément d’âme qui évite la stérilité. Alors, on ne peut qu’apprécier les morceaux qui défilent comme à la parade du 14 juillet, tous différents, mais au service d’une cohésion d’ensemble. On trouve des éléments découlant du legs de DARE sur l’intro de « Carry On », qui dégénère vite en burner up tempo épileptique mais toujours mélodique, on déniche aussi des poussées de fièvre lorsque la rythmique lâche tout sur le surpuissant « Dying Sun », presque Power dans les faits (merci à la guitare atomique d’Aldo Lonobile, volubile), ce qui n’empêche nullement l’émotion de se faire une place au paradis des harmonies, sans trop verser dans le convenu ou le cliché. C’est ainsi que nous sommes cueillis à chaud par « Shine », qui n’est justement pas sans évoquer les ballades de T.N.T (après tout, Tony Harnell et Alessandro n’ont pas bossé ensemble pour rien), mais amateurs de décibels, rassurez-vous ; ces instants sont minoritaires et absolument pas caractéristiques d’un album qui préfère faire parler la poudre que sortir les mouchoirs.
Dans la forme et le fond, il n’y a rien à reprocher à un LP qui vise l’excellence et qui l’obtient. Que le ton soit dur et l’atmosphère plombée (« War »), ou beaucoup plus léger et virevoltant (« Wash Your Sins Away » que Jami Jamison aurait chanté avec conviction), tout est parfait et chaque détail soigné. Le tout se termine même par une dernière ruée bien salée, mais toujours intelligemment aérée par les claviers de Del Vecchio, toujours en contrepoint, mais jamais envahissants (« Ride With The Wind »). D’aucuns diront qu’il n’était pas nécessaire d’attendre dix ans pour revenir sans grand changement, mais les fans comprendront vite que le nouvel allant dont fait preuve EDGE OF FOREVER avec Native Soul excuse amplement une décennie de silence. Et qu’il soit au service des autres ou du sien, Alessandro n’a pas perdu la main. Et n’est pas près de la passer.
Titres de l’album :
01. Three Rivers
02. Native Soul
03. Promised Land
04. Carry On
05. Take Your Time
06. Dying Sun
07. Shine
08. I Made Myself What I Am
09. War
10. Wash Your Sins Away
11. Ride With The Wind
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