Parfois, on se laisse embarquer tout en sachant que, on devine que derrière le décorum se cachent des heures de préparation, que les posters sont neufs, que les accessoires ont été commandés sur Vinted, mais on accepte de jouer le jeu au nom d’une adolescence perdue depuis longtemps. On a beau savoir que le décorum est faux, que les détails sont grossiers, et que les hôtes n’ont pas vraiment connu l’époque qu’ils aimeraient recréer, on danse, jusqu’au bout de la nuit, en se souvenant des gloires anciennes, on se trémousse sur a-HA, BLONDIE, BON JOVI, et on oublie pour quelques instants le poids de l’âge. Mais de temps à autres, très rarement, on se fait vraiment avoir en découvrant une party donnée du côté de l’Allemagne, qui parvient en quarante minutes et quelques à nous replonger dans un passé que l’on pensait enterré, sans avoir besoin de faire un effort de compréhension ou de complaisance.
L’Allemagne de SUPERNOVA PLASMAJETS ressemble à celle de l’Amérique de Reagan, cette Amérique hédoniste qui a donné lieu à toutes les extravagances, malgré le SIDA, malgré l’augmentation du budget de la défense et le renforcement de la pudibonderie ambiante. Elle ressemble à ces clubs bondés et colorés, débordant d’une faune bigarrée à l’attente unique : prendre du plaisir sur les tubes du moment, se déhancher en fluo, et secouer sa tignasse laquée ou lookée sans se soucier du lendemain. Et à juste titre, puisque les lendemains ne furent pas vraiment chantant.
SUPERNOVA PLASMAJETS se compare dans sa bio à des séries nostalgiques comme Stranger Things. D’un certain côté, ils jouent l’honnêteté, mais de l’autre, je ne peux que souligner leurs torts. Aussi réussie soit cette série pour les fans des Goonies et autres teen movies du passé, leur musique est bien plus crédible que les artifices et autres barnums utilisés par les réalisateurs pour nous faire croire que les eighties ne sont pas mortes tant qu’on s’ingénie à les ramener à la vie. Depuis deux albums, les allemands diffusent leur art ludique et leur musique diablement entrainante, et nous entraînent dans un monde fait de néons roses et bleus, à la Michael Mann, sans avoir à forcer leur talent ni leur art de l’imitation.
Cette musique est plurielle, joyeuse, euphorisante et surtout, crédible. A l’image de l’extravagant JOHN DIVA & THE ROCKETS OF LOVE avec lequel ils vont tourner dans les mois à venir, les SUPERNOVA PLASMAJETS ont compris que l’exercice ne repose pas sur des gimmicks, mais bien sur une foi sans faille, et un amour réel pour l’antiquité de qualité. Alors, de fait, Now or Never convainc sans problème l’auditeur qu’il a par inadvertance allumé le bouton d’une FM du passé, et que les tubes qu’il entend sont tous issus du Billboard 100.
Pour peser encore plus lourd dans la balance de la crédibilité, on soulignera que le quintet s’est même fendu d’une reprise très crédible de la scie radiophonique 80’s de Taylor DAYNE, « Tell it to My Heart », qui prend ici un éclairage plus moderne et électrique, mais qui nous ramène droit à ces heures passées près de son radiocassette à traquer le dernier tube à la mode. De fait, ces cinq musiciens nous proposent la séquence de nostalgie la plus crédible du marché actuel, en reprenant à la lettre les composantes qui faisaient de cette époque une ère unique, et un terrain de jeu gigantesque avant la descente aux enfers. Aux commandes, des pseudos très convaincants. Avec Manni McFly (guitare/claviers), Randy Stardust (guitare), et Jennifer Crush (chant), le groupe peut donc s’appuyer sur une triplette d’artistes très expressifs, et rendre crédibles ces t-shirts de MÖTLEY, ces cheveux bleus azur, ces lunettes sorties tout droit de machines à tirettes de frairie, et ces clins d’œil appuyés à une décennie qui n’en finit plus de ressusciter sous les oreilles d’un public avide de sensations datées.
Ces musiciens sont excellents, et parviennent même à damer le pion de leurs homologues suédois, les rois autoproclamés de la photocopieuse temporelle qui marche au plutonium. Ils les battent sur leur propre terrain, parce qu’ils n’en font pas trop, et n’aseptisent pas leur message sous une couche de crédibilité forcée. Les individualités sont notables, et tout le monde s’accordera à reconnaître que la voix de Jennifer Crush, proche de celles de Cyndi LAUPER et Pat BENATAR est absolument fabuleuse, et transforme toutes les chansons en bonbons acidulés et piquants.
La chanteuse est une frontwoman de premier ordre, mais aussi une interprète incroyable de justesse dans le ton de recréation. Ses intonations juvéniles nous ramènent au meilleur du Rock féminin des années 80, sans gommer la patine Pop couchée sur bande par ses compagnons de route. Les riffs sont crédibles, incendiaires mais suffisamment polis pour sonner radio friendly, l’ambiance entre Hard-Pop de stade à la DEF LEP, SLAUGHTER, TYKETTO et Rock durci pour les stars de l’époque (CHER, Pat BENATAR), et les chansons jumpy, plus en tout cas que le registre formaté des THE LOCAL BAND (« Lonely Hearts In The Night »).
Entre synthétique distordu et distorsion sympathique, Now or Never nous lance une injonction qu’on serait inspiré de prendre au sérieux : c’est maintenant ou jamais. Alors que les raisons de faire la fête toute la nuit sont de moins en moins nombreuses, cet album tombe à pic pour retrouver l’essence même de la joie, et la confiance en un avenir que l’on pensait clément et porteur d’espoir
Difficile de résister à ces hymnes à la liberté, à cette basse ronde et jumpy sur le très WINGER/HEART « I’m Not Okay », à cette énergie punky sur le très BLONDIE de « Maria » développée sur le rageur « Fade Away », ou à ce démarquage de « Take on Me » sur « Take Me To The Underground ». Beaucoup de recyclage donc, mais fait avec amour, et le souci de l’authenticité. Un troisième album mature dans l’insouciance, et qui finalement, nous propose une salle des fêtes aménagée avec amour et fidélité. Un film pour les oreilles qui n’a pas oublié que les blockbusters de l’époque étaient encore de l’artisanat peaufiné, et pas une industrie du jeu comme aujourd’hui. SUPERNOVA PLASMAJETS, ou la vraie nostalgie avec fente pour y mettre ses pièces.
Titres de l’album:
01. Pretty Bizarre (Intro)
02. Beggin’
03. Take Me To The Underground
04. Now Or Never
05. Deer In The Headlights
06. Lonely Hearts In The Night
07. I’m Not Okay
08. Fade Away
09. Break Me Down
10. Turn Around The Sky
11. Hello
12. Tell It To My Heart
28/03/2025, 09:03
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Je ne vois pas pourquoi les fans Russes du groupe devraient pâtir de la politique de POUTINE et être privés de les voir en live. La prochaine étape c'est quoi ? obliger tous les groupes à arborer un drapeau ukrainien ?
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Il me semble que lorsqu'on parle de “désukrainiser” l'Ukraine on est pas loin d'une logique génocidaire.Après mon jugement est peut-être influencé par les massacres de Boutcha ou la déportation de dizaines de milliers d&ap(...)
26/03/2025, 20:47
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26/03/2025, 16:53
MorbidOM qui critique ( à juste titre ) les donneurs de leçons... mais tout en endossant lui aussi le rôle de donneur de leçons !!
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La Russie organise un génocide ? Il faut faire attention aux mots qu'on écrit parfois.
26/03/2025, 13:42
Merci oui c'était bien eux. J'avais beaucoup aimé leur prestation sans donner suite, c'est l'occasion de se rattraper.@Buck Dancer : sur Reign of infinite je trouve également.
26/03/2025, 13:37
Pour une fois je soutiens complètement les festivals qui ont autre chose à faire que de se farcir ce genre de polémique. Ça n'a rien à voir avec exhumer des paroles volontairement provocantes écrites il y a 20 ans. Et puis on parle quand (...)
26/03/2025, 11:24
Z'ont qu'à également organiser une tournée en Ukraine et y'aura un-partout-balle-au-centre...CQFD.
26/03/2025, 08:33
Boycott de ces deux festivals. La bêtise ambiante fait de l'alpinisme, toujours en quête de nouveaux sommets.
26/03/2025, 07:52
C'est possible pour Vektor, en tout cas ils ont partagé un split EP ensembleIl n'y a que moi qui pense à Behemoth sur les deux morceaux en écoute ?
25/03/2025, 09:21
Cryptosis, c'est bien le groupe qui ouvrait pour Vektor lors de leur dernière tournée ou je confonds ?
24/03/2025, 19:45