Mauvais karma, voilà un nom choisi avec pertinence par ce « nouveau » groupe. Mauvais karma puisque l’époque est trouble pour le monde entier, sous la coupe d’une pandémie plus ou moins bien gérée, mauvais karma pour un pays qui a sombré dans la banqueroute il y a quelques années et qui connaît toujours des temps très difficiles, mais aussi mauvais karma individuel, pour une raison bien simple. Formé en 2013, ce combo a dû patienter pas moins de sept années pour voir enfin les fruits de ses efforts pousser, et son premier album publié. Envisagez donc les choses sous leur angle. Cet album était prêt à être enregistré dès 2016, ce qui en dit long sur la frustration qu’ont pu éprouver ces musiciens. Certes, ce sont tous de vieux briscards de la scène nationale, mais leur expérience n’a pas du combler leurs exigences, et c’est avec libération qu’ils proposent aujourd’hui au public un pur album de Hard-Rock à la grecque, gorgé de riffs, de mélodies, qui n’est pas sans handicaps et défauts, mais qui a le mérite d’être très attachant. BADD KHARMA et son sens de l’orthographe assez étrange est donc constitué de six membres, Nikos Syrakos (chant, STEAMROLLER ASSAULT), Gregory Giarelis (guitare et artiste solo) et George Papazoglou (batterie, ex- KING DRAGON) qui constituent le trio de base qui avait commencé à composer et répéter un an après sa réunion, avant d’être complété par Tasos Ioannides (basse, ex- PHASE REVERSE), Manolis Tsigkos (guitare, INNERWISH) et Dimitris Marinis (claviers, AIRGED L’AMH). Et autant dire que les six instrumentistes sont plus que prêts à en découdre aujourd’hui, et qu’ils n’ont pas lésiné sur la quantité. Ce ne sont donc pas moins de treize morceaux pour plus d’une heure de musique qui vous attendent, et autant vous prévenir de suite : cette quantité n’est pas toujours justifiée, et la pression retombe à intervalles réguliers, nous laissant parfois dubitatif quant aux choix des compositeurs.
Tout commence pourtant très bien. Avec une belle triplette de morceaux agressifs mais mélodiques, les hellènes nous prennent de front, et plantent les fondations. Certes, le propos est plus que classique, mais les multiples influences se font sentir, de PRETTY MAIDS à Yngwie MALMSTEEN en passant par SAVATAGE, DIO, ECLIPSE, toute l’arrière-garde Hard n’Heavy est bien présente, et représentée dignement. Chacun à son poste assure et propose une partition immaculée, avec au premier plan, le chant très lyrique et appuyé de Nikos Syrakos, vocaliste purement Metal dans la grande tradition des chanteurs qui chantent et ne braillent pas. Seconde constatation évidente, la production, ample mais aux proportions humaines, qui ne lèse personne mais laisse quand même les guitares faire leur numéro. Ensuite, les compositions, équilibrées dans la première moitié de l’album, et oscillant entre Hard à tendance harmonique (« Never Surrender ») et Heavy Metal épique et valeureux (« Still Our Man »). On sent toute la passion de la Grèce pour le Hard-Rock des années 80, au travers de ces hymnes puissants et aérés, qui ne sacrifient pas la puissance à l’harmonie. Les soli sont carrés, travaillés, la rythmique s’adapte en toute circonstance, passant d’une frappe légère et FM à une assise solide et saccadée, et si les claviers sont plutôt discrets, ils assument en temps et en heure l’ambiance qui convient. On se prend donc au jeu du plaisir à l’écoute de ces chansons qui laissent même une basse gironde percer l’avant-plan, alors que les couches vocales subliment des refrains fédérateurs.
A l’aise sur tous les terrains, le groupe utilise même parfois la vitesse pour se rapprocher du PRETTY MAIDS de Future World, et nous sert bouillant un trépidant « Rise Or Fall », qu’HELLOWEEN n’aurait pas renié à sa grande époque des sept clés. A l’inverse, « On The Edge » fait tomber la cadence d’abattage, et nous propose un peu de tendresse via des guitares claires soutenues par une discrète guitare acoustique d’arrière-plan. Mais encore une fois, rien de mal à se montrer plus sensible que la moyenne, d’autant plus que la voix de Nikos Syrakos fait merveille dans ce cas de figure, tout autant que la basse ondulante de Tasos Ioannides, très présente. D’autant plus que le sextet enchaîne avec un bon burner des familles, que la scène mythique suédoise aurait pu faire sien, et « Light In The Dark » de débouler comme une ombre dans la nuit pour éclairer nos rêves eighties. Mais cette moitié d’album sonne le signal de la modulation, et la scission du LP nous apparaît alors très tranchée et manquant de nuances. En effet, BADD KHARMA a choisi de planquer ses morceaux les plus abordables en seconde partie, malgré un « Break Free » vitaminé et un « Lost In Her Eyes » brillant de FM par tous les pores. Et ce sont des instants assez soft qui nous attendent alors, les grecs montrant leur visage le plus séduisant, et accentuant leurs accointances avec l’AOR et le Rock mélodique. Le propos n’est évidemment pas désagréable pour autant, et le parti-pris volontaire, mais cette séparation de deux répertoires distincts confère à l’album une drôle d’aura, comme si le groupe avait évolué entre l’enregistrement et la publication et désirait présenter au public ses deux facettes. Il n’empêche que « Burning Heart », s’il n’a pas la puissance du hit de SURVIVOR n’en reste pas moins un modèle de Hard mélodique made in Frontiers, et que « Still Unbroken », très classique dans le fond, nous ramène aux plus grandes heures du Hard US de 87/88.
Et s’il est tout à fait logique de craquer pour le modulé « Lost In Her Eyes », et s’il est pardonnable de verser une petite larme sur le tendre et moelleux « Fools Parade », il est dommage qu’On Fire pâtisse de ce changement d’ambiance trop brutal, l’ambiance générale aurait gagné à être moins ventilée et dispersée. D’autant que le LP se termine sur une ballade acoustique certes belle, mais fort peu à propos comme conclusion d’une première œuvre placée sous le signe du feu et de l’énergie. Avec un tracklisting un peu plus homogène, une ou deux chansons sacrifiées, et un timing plus concentré, On Fire se serait présenté sous un jour plus flatteur et équilibré. Mais comment en vouloir à un groupe qui a joué de malchance et qui essaie aujourd’hui de savourer le soulagement que représente la sortie officielle de cet album, qui saura largement contenter les amateurs de Heavy sans concessions et les amoureux des mélodies pleines de passion. Un bel éventail de possibilités, mais on attendra d’un second LP qu’il soit plus concis et moins dispersé. Souhaitons donc aux BADD KHARMA un avenir plus clément, et pourquoi pas, un nouveau baptême en good karma.
Titres de l’album :
01. Never Surrender
02. Land Of The Free
03. Devil In You
04. Still Our Man
05. Rise Or Fall
06. On The Edge
07. Light In The Dark
08. Break Free
09. Fools Parade
10. Burning Heart
11. Lost In Her Eyes
12. Still Unbroken
13. L.E.A.
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