C’est à un des plus anciens groupes extrêmes hongrois auquel nous avons affaire aujourd’hui, puisque la carrière discographique d’EKTOMORF a débuté en 1996 avec l’album Hangok. Le groupe était déjà formé depuis quelques années lorsque ce premier chapitre a été écrit, et aujourd’hui, non seulement le combo est toujours en activité, mais il semble plus vivant et motivé que jamais. S’il ne reste en 2021 du line-up d’origine que le chanteur/guitariste Zoltán "Zoli/Zotya" Farkas, EKTOMORF semble plus solide que jamais, le leader ayant réussi à stabiliser son line-up depuis l’album précédent, Fury, publié il y a déjà trois ans. Nous retrouvons donc à ses côtés les mêmes musiciens, Szebasztián Simon (guitare), Csaba Zahorán (basse) et Dániel Szabó (batterie). La formation évolue donc en rangs soudés, et Reborn de son titre en aveu en dit long sur l’appétit du quatuor qui paraît prêt à mettre le monde à feu, à sang et à Thrash avec son approche plurielle qu’il développe depuis ses plus tendres années. EKTOMORF pratique ce que les webzines aiment à décrire comme du Néo-Thrash, cette forme de Thrash née dans les années 90 et popularisée par des groupes comme MACHINE HEAD ou SOULFLY, combinant les mélodies les plus traditionnelles du Heavy Metal et le Groove du Hardcore moderne, et ce nouveau jet de la bande ne déroge à aucune règle en utilisant les mêmes codes.
Ressemblant presque trait pour trait à Fury, Reborn propose donc une piste simple et linéaire à suivre, une piste faite de riffs solides et graves, de plans rythmiques puissants, et de modulations Heavy propres à écraser toute résistance, le tout enrobé dans les chaussures confortables d’une production moderne et ample. Si EKTOMORF, de sa Hongrie natale n’a jamais pu bénéficier de l’exposition de ses homologues européens ou américains, cela ne lui enlève aucun mérite, que sa discographie pléthorique sait mettre en avant. En 2021, et soutenu par l’entreprise de démolition Napalm Records, le groupe montre un visage déterminé, et propose des morceaux solides et épais, basés sur un traditionalisme en vogue dans les nineties, au point qu’il est parfois possible de confondre les hongrois avec des brésiliens célèbres…
Inutile de jouer les mijaurées, Reborn sonne plus ou moins comme un album très solide et conséquent de la bande à Max Cavalera, et nous ramène à l’âge de raison de SOULFLY, lorsque le groupe avait eu la bonne idée de troquer ses Stan Smith et ses survêtements contre une panoplie de metalleux hirsute et pas content. La voix de Farkas, rauque et très proche de celle de notre dreadlocké préféré accentue encore plus le parallèle, mais loin d’être désagréable, cette sensation nous permet de retrouver la fraîcheur d’une décennie qui ne fut pas si aride qu’on voulait bien nous le faire croire à l’époque. D’autant que Reborn et son titre cliché réserve quelques surprises de taille, dont « Forsaken » n’est pas la moindre. Combien de groupes dans le monde sont capables de nous resservir encore bouillantes les recettes d’un long instrumental à la METALLICA, tout en gardant la soupe savoureuse et roborative ? Peu je vous l’accorde, et les hongrois relèvent le défi avec brio, en alternant passages rythmiques purement Thrash et longs inserts mélodiques typiques du Heavy Metal. Cette formation, en place depuis quelques années semble donc la bonne pour stimuler la créativité du frontman Zoltán, qui accroché à sa guitare et son micro affronte la nouvelle génération avec un panache indéniable.
Il faut dire qu’avec une entame en calotte aussi massive que « Ebullition », les choses sont mises au poing immédiatement, et bien dans la face. Bien plus fascinant et efficace que les derniers TESTAMENT ou DESTRUCTION, ce nouvel EKTOMORF trouve un équilibre très stable entre classicisme et inspiration plus personnelle, joue avec les codes du Thrash pour lui faire épouser sa promise des années 2020, sans trahir les fiançailles des années 90. Les saccades sont en place, Dániel Szabó se prend pour le fils de John Dette et Roy Mayorga, et Zoltán vocifère avec conviction dans la membrane pour convertir de nouveaux fidèles. En écoutant cette musique sombre et agressive, mais d’une qualité premium, je m’interroge sur le relatif anonymat dans laquelle le groupe évolue depuis ses débuts, une ombre que les musiciens ne méritent pas. Comment expliquer qu’un Thrash aussi solide et efficace soit condamné à une demi-mesure de la part du public, alors même que ce public voue aux gémonies du génie toute une génération d’habiles copieurs se contentant de répliquer des astuces déjà largement éprouvées par le passé ? Je n’ai pas de réponse à cette question, mais soutenu par sa maison de disques, et disposant d’un nouveau répertoire solide, les EKTOMORF pourraient enfin changer la donne, d’autant que ce nouvel album accumule les qualités.
Car sa puissance associée à sa brièveté en font une arme de persuasion massive assez dangereuse, les trente-huit minutes passant très vite. Et si l’analogie avec SOULFLY et son passé le plus violent se vérifie assez facilement et régulièrement, les nombreux inserts à la METALLICA allègent le parallèle et le rendent plus digeste. Ainsi, le title-track nous réserve un break harmonique de premier choix, aérant l’attaque générale suffocante et éprouvante.
EKTOMORF n’est donc pas un tank gigantesque qui avance à l’aveugle et broie tout sur son passage, mais bien une arme de destruction qui choisit sciemment ses cibles et qui les atteint sans faire de victimes parmi les civils. Entre riffs à la « The Thing that Should not Be » (« And The Dead Will Walk »), redondances typiques de la génération Nu-Metal (« Fear Me »), et charges virulentes symptomatiques de la Bay-Area (« Smashing The Past »), Reborn n’est pas une renaissance, mais une révélation, celle du potentiel incroyable d’un groupe qui plus de vingt ans après sa création se montre toujours aussi vert et convaincant.
Belle performance de la part des hongrois qui se taillent une bonne place dans l’actualité musicale, sans esbroufe, mais avec un talent incroyable. Puissant et racé, formel mais modulé, ce nouveau chapitre de la saga EKTOMORF est passionnant de bout en bout, et vous écrase les os tout en vous tendant la main.
Titres de l’album:
01. Ebullition
02. Reborn
03. And The Dead Will Walk
04. Fear Me
05. Where The Hate Conceives
06. The Worst Is Yet To Come
07. Forsaken
08. Smashing The Past
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04/04/2025, 18:24
Personnellement cette scène post-black-mon-cul de bourgeois ouverts, particulièrement ouverts si je puis dire, m'emmerde tellement par son existence que je cherche systématiquement mon shirt le plus NS possible, essaye de m'empêcher d'entrer tu va devoir (...)
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On en avait un "grand" festival de metal extrême, c'était le Fall of Summer et il a coulé, et pas à cause du Covid. Alors couillons, je ne me permettrais pas (et d'ailleurs je vais par ex voir Maiden en juillet comme un couillon
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