Restons chez nos amis de Frontiers, décidément très accueillants, et découvrons ensemble le quatrième album du projet MAGIC DANCE, qui au fil des années, devient de plus en plus séduisant dans sa versatilité. Né de la volonté du chanteur/compositeur/producteur Jon Siejka de s’offrir une petite récréation loin de ses projets Synthwave, MAGIC DANCE a d’abord proposé une digression à peine modifiée du thème, avant de prôner des valeurs plus électriques avec les années, au point d’incarner aujourd’hui une sorte de parangon de l’AOR des eighties. De la nostalgie donc, vous l’aurez compris, mais de la nostalgie intelligente, personnelle, et totalement addictive, loin des facilités suédoises à base de gimmicks outranciers et d’arrangements envahissants. Et deux ans après avoir rejoint l’écurie italienne avec son troisième LP New Eyes, Jon Siejka nous propose donc une suite logique, mais pas tant que ça. En effet, la tête pensante et unique leader du concept a décidé de laisser plus de latitude aux guitares et de laisser ses synthés de côté pour proposer un album plus Rock, à la frontière du Hard-Rock, sorte de crossover tel qu’il peut être pratiqué par des références comme PALACE. Originaire de Long Island, Jon a donc attendu le bon moment pour réchauffer son inspiration sans passer ses chansons au micro-ondes, et huit ans après la création de sa nouvelle entité, l’omnipotent américain a donc osé franchir le pas, et se fondre dans le décor des murs de Frontiers pour nous offrir l’album de Hard-Rock mélodique de cette fin d’année, sans renoncer à ses principes. Et bien entouré, décidé, doué, le compositeur a soigné aux petits oignons sa partition, pour nous éviter les lieux communs les plus visités, et nous entraîner dans une ballade aux airs de BO d’une décennie qui n’en finit plus d’inspirer la jeune génération.
Je parlais de son entourage, et Jon n’a pas lésiné au moment de piocher des compagnons de route. On retrouve donc près de lui pas moins de quatre bassistes (Kevin Krug, Gabor Domjan, Luke Anderson, Emanuele Moretti), un batteur/percussionniste solide (Kevin Mcadams), un saxophoniste inventif (Gdaliy), mais aussi quelques mercenaires venus plaquer le solo sur quelques morceaux (Tim Mackey, Ziv Shalev et Stelios Andre). Loin d’un effort solo, Remnants est ce qui ressemble le plus à ce jour à un effort de groupe, ce qui se sent à l’écoute des compositions, resserrées, densifiées, mais aussi plus immédiates et foncièrement plus Rock. Il est de notoriété publique que certains artistes essaient de nous amadouer avec un titre plus dur en intro, histoire de noyer le poisson, mais rassurez-vous immédiatement : ce n’est absolument pas le cas de ce quatrième longue-durée. La guitare, instrument noble par excellence se taille la part du lion sur ce disque, malgré quelques concessions en assouplissement symptomatique de cet Adult Orientated Rock si prisé par le label de Serafino. Et si d’aventure, vous pensiez que « Oh No » n’était qu’un appât sournoisement placé en ouverture, détrompez-vous : cette entame n’est que le signal du départ d’une croisière Rock qui se veut métaphore sur l’existence, avec sa part de ténèbres et ses rais de lumière.
On prend rapidement note du son très travaillé pour sonner d’époque, mais on remarque surtout le caractère incroyablement séduisant des mélodies. Ce qui choque après quelques minutes, c’est cette ambiance légèrement mélancolique qui vient atténuer la portée euphorique des mélodies, sans rendre l’effort triste ou replié sur lui-même. Jon Siejka a vraiment collé à sa thématique, littérairement et musicalement, et son quatrième chapitre a des airs de résumé de la vie, sans fard, sans enjolivement, une vie faite de joies et de tristesse, qui connaît une fin inéluctable, mais qui nous réserve des surprises entre les deux. Et lorsque résonne « Long And Lost Lonely Nights », on comprend vite que le propos n’a pas été de sortir les mouchoirs pour pleurer sur l’injustice, mais bien de faire face à la réalité des choses, en accentuant la puissance. C’est ainsi que les couplets synthétiques et souples laissent toujours la place à des refrains beaucoup plus énergiques, sans que l’empreinte nostalgique n’en pâtisse. Toujours aussi à l’aise pour mettre en branle un processus de séduction auquel il est vain de résister, Jon nous déroule encore le tapis rouge des tubes potentiels, se rappelant très bien des recettes exigées par le Billboard pour faire partie de son top ten. Alors, les tubes s’enchaînent à vitesse grand V, soufflant un vent de fraîcheur sur nos oreilles, nous obligeant à trépigner pour ne pas nous lever de notre chaise et danser comme un fou du dancefloor des années 80 (« Zombie Breath Surprise »). Loin d’une mélasse Synthwave à peine teintée de Rock, Remnants est un véritable travail d’orfèvre, mais aussi une solide affaire de passion, Jon ne traitant pas le sujet par-dessous la jambe. On pense à du BON JOVI exilé en Suède parfois, à du ECLIPSE transfiguré et assoupli, et autant dire que les hymnes s’enfilent comme des perles, à l’image de l’irrésistible « When Your World Comes Down », à l’up tempo ravageur et au sourire Ultrabrite.
Et alors que l’auditeur méfiant se demande quand le piège va se refermer, le cœur comprend vite que la trahison Pop n’est pas de mise, même si des réminiscences Synth-Pop des années 80 à la a-HA teintent parfois les morceaux (« Change Your Life », absolument irrésistible). On tombe sous le charme de ce quatrième essai qui vise le sans-faute, et qui l’atteint sans problème, en restant naturel et instinctif. Pas de mise en scène ici, pas de subterfuge fumeux, juste des chansons simples qui parlent sans détour, et qui proposent à chaque fois un refrain en or massif (« I’m Still Holding On »).
On se retrouve donc le nez dans les affres du voyage dans le temps, pour un retour à l’adolescence, quand tout était encore facile, mais que le spectre d’un avenir plus complexe assombrissait les rêves les plus fous. Là est la force de cet album qui enchante mais ne dupe pas, et ne présente pas la vie comme un conte de fée, mais comme une lutte permanente. Le Rock l’est vraiment, les synthés ne s’imposent que lorsqu’ils le doivent, et en adoptant ce beat jumpy sur quasiment toute la durée de son métrage, Remnants mélange la tendresse de souvenirs chéris et la lucidité d’une maturité atteinte depuis longtemps (« Changes », qu’on aurait pu trouver sur la BO de Footloose chanté par Sammy Hagar). Pas de mélasse pour vous engluer les sentiments, pas de labyrinthe synthétique pour vous perdre, et si parfois Jon Siejka joue le jeu de NIGHT FLIGHT ORCHESTRA ou des ROYAL REPUBLIC (« Til Your Last Breath »), il ne faut pas y voir de la facilité, mais juste l’envie de retrouver la sensibilité d’une décade qui n’avait pas encore tué dans l’œuf nos espoirs.
Belle démonstration de la part de MAGIC DANCE qui signe là sa plus belle performance, et nous permet d’aborder cette fin d’année avec un peu plus de sérénité, et de joie jaunie, osons le terme.
Titres de l’album:
01. Oh No
02. Long And Lost Lonely Nights
03. Zombie Breath Surprise
04. Cut Me Deep
05. When Your World Comes Down
06. Change Your Life
07. I’m Still Holding On
08. Changes
09. Restless Nights
10. Til Your Last Breath
11. I Can’t Be The Only One
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