DOMINO DRIVE, c’est la Suède dans toute sa splendeur lyrique, un résumé des tours de force accomplis par ce pays qui depuis l’orée des années 2000 ose faire la nique aux Etats-Unis, à l’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie. DOMINO DRIVE, c’est aussi une certaine conception du Heavy Metal ample mais mélodique, classique mais sublimé, agressif mais intelligemment manipulé. Quelque chose entre l’AOR, le Hard-Rock classieux des années 90, et ce Metal épais, défendu cordes et armes par un chanteur aux capacités hors-normes.
Fondé en été 2019 par le chanteur/claviériste Sebastian Okupski (ex-LOCH VOSTOK, ex-MAYADOME) et le batteur Alvaro Svanerö (IMPERIAL DOMAIN), le quatuor est passé par bien des étapes avant de trouver sa forme définitive, en poste pour l’enregistrement de ce premier longue-durée sur le label référentiel Pride and Joy.
Aux côtés des deux membres fondateurs, nous retrouvons aujourd’hui le guitariste/chanteur Jonas Tyskhagen (WINDING ROAD), multi-instrumentiste discipliné, et Jonas Söder (SARCASM) à la basse, mais surtout, un groupe affuté, prêt à conquérir le monde grâce à un habile jeu de riffs traditionnels et d’harmonies montées en sauce.
De fond et de forme, rien ne distingue vraiment DOMINO DRIVE du reste de la production Frontiers, AOR Heaven ou même du cheptel Pride & Joy. Mais en prêtant attention aux dix compositions proposées, on se rend compte que sous un formalisme de rigueur se dissimulent de discrets éléments d’individualité, notamment dans cette façon d’assouplir le Heavy sans le trahir.
Poussé par un désir de simplifier la formule, je pourrais affirmer que Smoke And Mirrors est un écran de fumée cachant un partenariat entre STRYPER et EUROPE. Un STRYPER des jeunes années de bible, et un EUROPE de la période Prisoners in Paradise, soit la quintessence du Metal mélodique le plus pur et pourtant puissant. En tant que frontman, Jonas Tyskhagen fait encore une fois forte impression, de sa voix chaude et veloutée, et de son jeu de guitare précis. Accompagné de près par Sebastian Okupski, qui double les riffs de parties de claviers soutenues, le vocaliste nous donne la chair de poule sans avoir à forcer sa voix ou son talent naturel, et si le résultat de cette osmose se présente sous la forme d’un tracklisting prévisible, la qualité l’emporte sur l’originalité, et nous acceptons ce traditionalisme respectueux.
Sans se compliquer la vie, le quatuor se repose sur un mid tempo reposant, évitant ainsi de prendre trop de risques et de sortir d’une route bien tracée. Ce même mid tempo est parfois plus appuyé, à l’occasion du grandiloquent mais tubesque « Smoke And Mirrors », title-track impeccable, ou au contraire modéré pour laisser place à une émotion tangible et subtilement romantique (« The Girl Who Never Was »).
Blue songs, ballades, saillies Heavy, soli de toute beauté, lyrisme, théâtralité, tout y est, et la pièce musicale qui se déroule sous nos oreilles confirme tout le potentiel d’un pays qui n’a de cesse de grossir ses rangs. Loin d’un AOR américain parfois un peu facile, DOMINO DRIVE fait tomber les dominos pour révéler un tableau en triptyque, divisé en trois plans : la puissance, la nuance, la romance.
Mais évidemment, chaque réalisation a son talon d’Achille, et celui de Smoke And Mirrors réside en son incapacité à changer de couleur ou de ton, pour s’empêtrer dans la toile d’une uniformisation dérangeante sur la durée. Car aussi beau soit « Cul-De-Sac », il n’est qu’une redite maladroite des premiers titres de l’album, tandis que « The Jester King », à l’inverse, se rapproche de la passion de DIO, reprise à son compte par un Michael Sweet en pleine forme vocale.
C’est donc ce manque de diversité qui nuit à l’impact de Smoke And Mirrors. Si la dualité claviers/guitare est intéressante et bien exploitée, la section rythmique se bloque bien trop souvent sur un beat tranquille, trop pour nous faire sursauter ou partir au quart de tour. De fait, une certaine torpeur finit par s’installer, la magie initiale s’évanouissant au profit d’une formule trop bien rodée.
Il convient donc de faire un tri dans le choix proposé, ou d’écouter l’album par petites touches éparpillées. Vous éviterez ainsi la redondance, et pourrez vous concentrer sur les nombreuses qualités d’un disque qui aurait pu décoller beaucoup plus haut, et atterrir dans les étoiles.
Le ciel est encore trop haut, et les deux jambes sont fermement posées sur la terre ferme. Dommage, il y avait matière à donner une bonne leçon, mais celle prodiguée par DOMINO DRIVE est encore un peu trop prévisible pour craindre l’interro surprise.
Titres de l’album:
01. Starlet Queen
02. Never Give Up
03. Hollywood Nights
04. What About Us?
05. Maria Dolorosa
06. Smoke And Mirrors
07. The Girl Who Never Was
08. Cul-De-Sac
09. The Jester King
10. Make Waves
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