Un premier album belge promu par la légende US Triple B records ? Voilà qui a de quoi intriguer le petit fouille-merde que je suis, toujours à l’affût d’une nouveauté bruyante…Et une fois encore, ma curiosité m’a mené sur le bon chemin, à la rencontre d’une poignée de musiciens virils ayant choisi de ne pas choisir entre Metal et Hardcore. Crossover donc ? Pas vraiment, plutôt une forme de Hardcore très métallique qui pousse le volume au maximum et qui utilise le groove au comble de ses possibilités.
MINDWAR est à l’image de son nom. Une guerre permanente, un conflit psychologique, et une saine rébellion, contre l’ordre établi, un peu trop dirigé par les multinationales, lobbies, et autres chefs de gouvernements empêtrés dans les scandales et autres détournements.
La paix de l’esprit n’est donc pas pour demain, mais Still at War a d’autres objectifs. Nous faire bouger pour protester, nous remuer pour éveiller nos consciences, le tout sur fond de musique brute, agressive, incroyablement puissante, et capable de faire trembler sur leurs fondations toutes les salles de concert accueillant ses concepteurs. Il est d’ailleurs assez facile d’imaginer le carnage produit par ces morceaux live, bâtis sur des riffs solides et sombres, saccadés juste ce qu’il faut, et propulsés par une rythmique impitoyable, à la frappe massive et aux graves indociles.
Je ne le cacherai pas, MINDWAR m’a fait grande impression. Il y avait longtemps que je n’avais pas encaissé le choc d’une telle décharge de Hardcore métallique, et si « The Declaration » nous laisse brièvement prendre notre souffle, « My Revenge » nous plonge directement en apnée. Mais loin de la simplicité d’un Hardcore américain traduit dans un idiome européen, Still at War reprend à son compte les recettes d’EXILE, de MADBALL, d’AGNOSTIC FRONT, pour nous obliger à regarder la réalité en face.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas très jolie.
Fast, dur, impitoyable, juste, indomptable, les qualificatifs s’accumulent, mais le résultat reste le même : cette boucherie est tout ce dont notre époque de doutes avait besoin pour vaciller encore plus vers le gouffre, et ce premier album d‘une incroyable maîtrise est une épiphanie de violence qui n’édulcore pas le propos, bien au contraire. Il suffit de se prendre en pleine face le monstrueux « S.M.P. », plus efficace qu’une ruade de PANTERA au Texas, qui cumule syncopes, groove, mélodies amères et breaks écrasants.
Trente minutes et pas plus, pas le temps de traîner pour expliquer le pourquoi du comment. Néanmoins, MINDWAR se fait parfois violence pour laisser s’évaporer quelques arpèges doucereux, qui, comme vous vous en doutez, n’annoncent rien de vraiment bon pour les nerfs ou l’audition. Et effectivement, « The Decree » pulvérise les compteurs, atomise le disjoncteur, pour deux minutes de haine viscérale hurlée comme un cri primal. Emmené par un chanteur aux tripes solides, MINDWAR peut se permettre toutes les déviances Metal sans trahir l’esprit Hardcore, maintient la pression tout du long, adopte parfois des stances plus purement straight (« Collective Compulsion », qui pourrait être du vieux SUICIDAL passé à la sulfateuse), tout en comprenant très bien qu’un excédent de BPM ne fait jamais de mal à quiconque (« Still At War »).
Une gigantesque baffle, une méga beigne, un tour de cou à 90 degrés, et une vilaine migraine en gueule de bois sociale et réaliste. Voilà le menu de ce premier album qui risque de faire date dans le créneau, eu égard à la puissance calorifère qu’il dégage. Et en cadeau bonus, le groupe nous propose un dernier morceau conséquent et toujours convaincant, entre SLAYER et BIOHAZARD, avec ce petit plus de crédibilité de ceux qui arpentent les rues la mine renfrognée.
Sacrée branlée que ce Still at War, qui pose les bases d’une guerre civile à venir en Europe, entre la montée des fachos au créneau et les décisions gouvernementales impopulaires et injustes. Mais une manif sonorisée par ces belges déchaînés aurait une sacrée gueule. Et laisserait des traces indélébiles dans les mémoires.
Power to the people ?
Oui, mais alors, maintenant, et vite. Avant que tout ne pète comme lors d’un 14 juillet rebelle et revanchard sans pétards.
Titres de l’album:
01. The Declaration
02. My Revenge
03. Empty Values
04. Face the Truth
05. S.M.P.
06. Casus Belli
07. The Decree
08. Collective Compulsion
09. Still At War
10. Curse Called Love
Alors, j'ai vu les prix et, effectivement, c'est triste de finir une carrière musicale emblématique sur un fistfucking de fan...
20/02/2025, 19:08
J'avoue tout !J'ai tenté avec un pote d'avoir des places le jour J...Quand on a effectivement vu le prix indécent du billet, v'là le froid quoi...Mais bon, lancé dans notre folie, on a tout de même tenté le coup...
20/02/2025, 18:52
Tout à fait d'accord avec toi, Tourista. En même temps, on a appris qu'Ozzy ne chanterait pas tout le concert de Black Sabbath. Du coup, faut essayer de justifier l'achat d'un ticket à un prix honteux pour un pétard mouillé.
20/02/2025, 09:27
Tout est dit.Que ce soir devant 50 personnes dans une salle de quartier ou dans un festival Hirax et en particulier Katon assuré à l'américaine. Parfait.L'album précèdent reste terrible. A voir celui ci.
19/02/2025, 17:51
Hell Yeah!!! Voilà ce que j'appelle une bombe bien métallique.P.S: Il serait bien que ce site passe en mode sécurisé: https car certains navigateurs refusent son ouverture car il est considéré comme malveillant.
19/02/2025, 16:32
Pareil, vu au Motoc l'année dernière plus par curiosité qu'autre chose : et bah c'était excellent ! La passion qui transpire, la nostalgie d'une époque aussi et puis cette énergie !
17/02/2025, 21:39
Oui, Keton de Pena est une légende encore vivante avec son Thrash reprenant pas mal les codes du Heavy. Il y met cette ambiance jubilatoire en forte communion avec les fans (il a dû vous faire le coup du drapeau). Je l'ai vu deux fois il y a une dizaine d'années, c&a(...)
17/02/2025, 13:18
Vu pour la toute première fois en live l'été dernier.Il était grand temps pour moi au vu que j'adore ce groupe...Le concert était laaaaaargement au-dessus de ce que j'en attendais : Ambiance, prestation, joie communicative, ultra-res(...)
17/02/2025, 06:50
C'est un groupe assez ancien en fait, ils ont bien vingt ans de carrière derrière eux. Martin Mendez les a recrutés pour son propre groupe parallèle à Opeth, White Stones, car il est installée à Barcelone. Ils avaient commenc&eacut(...)
15/02/2025, 18:14
Âge oblige, j'ai connu à fond cette époque et elle était formidable. Evidemment, aujourd'hui, il y a internet mais le gros avantage du tape-trading, c'était que, par défaut, un tri s'effectuait, copie après copie (de K7). Aujourd(...)
14/02/2025, 05:50
AAAAh Benediction... Toujours un plaisir de les retrouver. Et en live c'est du bonheur (efficacité et bonne humeur!)
13/02/2025, 18:38
Dans son livre "Extremity Retained", Jason Netherton met en lumière l'importance énorme que ce phénomène a eu lieu dans la naissance de la scène. Tous les acteurs isolés dans leurs coins du monde échangeaient par ce moyen, et cela le(...)
12/02/2025, 01:30