Selon la bio de leur label, les SINS OF THE DAMNED sont une véritable institution au Chili, pays pourtant fertile en Metal extrême. Mais lorsqu’on défend et distribue un groupe, autant s’enthousiasmer, et cet élan de la part de Shadow Kingdom est tout à fait légitime au regard de la qualité de production de ce quatuor qui depuis sa création, s’évertue à remettre au goût du jour d’anciennes modes d’agression. Vous l’avez compris, c’est encore la nostalgie qui va s’imposer cet après-midi, et avec ces sept morceaux, les chiliens comptent bien vous faire plier sous le poids de leur approche vintage, lourde comme une enclume, et rapide comme un dragster lancé pleine bourre. Concrètement, les SINS OF THE DAMNED se sont formés il y a six ans, à Santiago, et ont depuis lâché pas mal de formats sur le marché. Trois démos entre 2014 et 2016 (une répétition, Declaration of War et Death’s All Around You), toutes en DIY mais consolidées d’un soin professionnel, avant de partager des faces avec CRIME, autre combo du cru, puis de concentrer leur boulot sur une compilation, Chronicles of Disgrace en 2017. Un parcours plein donc pour ces pourfendeurs de Metal tiède et édulcoré, qui ont trouvé en Shadow Kingdom le parfait partner in crime, le seul à même de propager leur bonne parole en version longue-durée. Et c’est ainsi qu’au mois d’avril dernier, les deux parties se sont félicitées de la parution de ce Striking the Bell of Death, qui de son titre évoquait pas mal d’images assez fortes.
Ce qui n’empêche pas le cas chilien d’être épineux. Défini par une mention générique de Speed Metal, ces quatre mercenaires du Metal le plus incorruptible (Maot - guitare, Razor - guitare/chant, Noisemaker - basse et Tyrant - batterie) s’adonnent plus volontiers aux joies généralistes du Speed/Thrash légèrement Black sur les bords, mais pas trop pour ne pas sombrer dans le chaos. S’adressant aux fans de RAZOR, WHIPLASH, EXCITER, ou DEATHROW pour les plus anciens, et aux mordus de DESASTER, GOSPEL OF THE HORNS, DEATHHAMMER, et BARBARIAN pour les petits nouveaux, ce premier LP fait montre d’une rage et d’une hargne assez confondantes, et nous convertit aux plaisirs sadiques et recommandables du Speed des années 80, celui-là même que les brésiliens allaient transformer en Thrash/Death bestial, et que les américains/canadiens et anglais ont gardé concentré pour ne pas pencher du côté bruitiste où ils menaçaient de glisser. D’une belle intensité, ces sept morceaux ne prennent pas de gants, et rappellent à quel point la première vague Speed/Thrash de la période 85/86 a joué un rôle primordial dans le développement de la scène extrême de la même époque. On y retrouve ces riffs perpétuellement saccadés, ces rythmiques échevelées et puissantes, et évidemment ce chant possédé, apportant cette petite touche de BM que la vague old-school affectionne tant. Et si l’ensemble de sa linéarité pourra rebuter les plus ouverts, on se prend facilement cette mandale dans la tronche en tendant l’autre joue, tant le tout hume bon la violence bon enfant, l’occultisme paillard et l’envie de bousculer les codes sans briser les règles.
Production parfaite pour le genre, guitaristes qui ne triment pas dans le vide, bestialité de surface pour enfilade en profondeur, tout est mis en branle pour provoquer un headbanging ininterrompu. On se laisse emporter par ce formalisme qui ne détourne jamais la tête de son objectif, et même si ces chansons donnent le sentiment d’avoir déjà été entendues des dizaines de fois, l’exubérance dont font preuve les quatre musiciens fait vraiment du bien. Et peu importe que les six véritables morceaux (« Striking the Bell of Death » est une intro) se ressemblent tellement qu’on est bien incapable de les différencier, puisque là n’est pas le but. Le but, le seul, est de s’éclater comme des bêtes au son d’un Metal de la mort qui empeste la joie, ou l’inverse, et de savourer cette tranche de vie chilienne comme un retour aux sources. Malgré les arguments mis en avant par leur maison de disques, les SINS OF THE DAMNED n’apportent rien de neuf à une tendance qui domine depuis plus d’une décennie, et se contentent de piocher dans les glorieuses et furieuses 80’s de quoi alimenter leur inspiration. Leur atout se trouve ailleurs, dans cette facilité à pervertir des mélodies séduisantes de vocaux bestiaux et de rythmiques marteau-pilon, et à permettre aux plus impressionnables de s’autoriser un écart extrême sans déroger à leur philosophie. L’ombre d’un WHIPLASH encore plus bourrin qu’à l’origine est palpable, tout comme l’est le parrainage d’un RAZOR vraiment pas content, et au bout du compte, le temps passe sans que l’on s’ennuie, malgré le timing étiré des morceaux.
En tendant bien l’oreille, on s’aperçoit que la culture des chiliens ne se limite pas au plus vicieux, et qu’ils ont bien assimilé les tierces de la NWOBHM, et les assertions harmoniques de MAIDEN. Certes, ceci se note plutôt en filigrane, puisque l’ambiance générale est à la débauche, mais on comprend qu’une certaine finesse sous-jacente empêche le groupe de se fondre dans la masse des cramés du bulbe, sans pour autant excuser les nombreuses répétitions et autocitations. Mais bien que finalement, on passe l’éponge sur ces quelques approximations, on garde le recul nécessaire pour conseiller aux SINS OF THE DAMNED d’aérer un peu leurs compositions, et de se reposer parfois sur un mid-tempo moins marquant, mais qui permettra aux chansons les plus rapides de se mettre en avant autrement qu’en étant systématiquement imposées. Sans faire sonner les trompettes de Jéricho, ce Striking the Bell of Death reste un solide effort de Speed teinté de BM light que les plus affamés dévoreront sans attendre. Mais la prochaine fois, il ne faudra pas tabler sur une fringale inévitable pour tirer son épingle d’un jeu que l’on ne connaît que trop bien.
Titres de l’album :
1.Striking the Bell of Death
2.They Fall and Never Rise Again
3.Take the Weapons
4.The Lion and the Prey
5.The Outcast (Sign of Cain)
6.Victims of Hate
7.Death's All Around You
Alors, j'ai vu les prix et, effectivement, c'est triste de finir une carrière musicale emblématique sur un fistfucking de fan...
20/02/2025, 19:08
J'avoue tout !J'ai tenté avec un pote d'avoir des places le jour J...Quand on a effectivement vu le prix indécent du billet, v'là le froid quoi...Mais bon, lancé dans notre folie, on a tout de même tenté le coup...
20/02/2025, 18:52
Tout à fait d'accord avec toi, Tourista. En même temps, on a appris qu'Ozzy ne chanterait pas tout le concert de Black Sabbath. Du coup, faut essayer de justifier l'achat d'un ticket à un prix honteux pour un pétard mouillé.
20/02/2025, 09:27
Tout est dit.Que ce soir devant 50 personnes dans une salle de quartier ou dans un festival Hirax et en particulier Katon assuré à l'américaine. Parfait.L'album précèdent reste terrible. A voir celui ci.
19/02/2025, 17:51
Hell Yeah!!! Voilà ce que j'appelle une bombe bien métallique.P.S: Il serait bien que ce site passe en mode sécurisé: https car certains navigateurs refusent son ouverture car il est considéré comme malveillant.
19/02/2025, 16:32
Pareil, vu au Motoc l'année dernière plus par curiosité qu'autre chose : et bah c'était excellent ! La passion qui transpire, la nostalgie d'une époque aussi et puis cette énergie !
17/02/2025, 21:39
Oui, Keton de Pena est une légende encore vivante avec son Thrash reprenant pas mal les codes du Heavy. Il y met cette ambiance jubilatoire en forte communion avec les fans (il a dû vous faire le coup du drapeau). Je l'ai vu deux fois il y a une dizaine d'années, c&a(...)
17/02/2025, 13:18
Vu pour la toute première fois en live l'été dernier.Il était grand temps pour moi au vu que j'adore ce groupe...Le concert était laaaaaargement au-dessus de ce que j'en attendais : Ambiance, prestation, joie communicative, ultra-res(...)
17/02/2025, 06:50
C'est un groupe assez ancien en fait, ils ont bien vingt ans de carrière derrière eux. Martin Mendez les a recrutés pour son propre groupe parallèle à Opeth, White Stones, car il est installée à Barcelone. Ils avaient commenc&eacut(...)
15/02/2025, 18:14
Âge oblige, j'ai connu à fond cette époque et elle était formidable. Evidemment, aujourd'hui, il y a internet mais le gros avantage du tape-trading, c'était que, par défaut, un tri s'effectuait, copie après copie (de K7). Aujourd(...)
14/02/2025, 05:50
AAAAh Benediction... Toujours un plaisir de les retrouver. Et en live c'est du bonheur (efficacité et bonne humeur!)
13/02/2025, 18:38
Dans son livre "Extremity Retained", Jason Netherton met en lumière l'importance énorme que ce phénomène a eu lieu dans la naissance de la scène. Tous les acteurs isolés dans leurs coins du monde échangeaient par ce moyen, et cela le(...)
12/02/2025, 01:30