Un échec systémique.
Une pochette et un titre qui valent tous les discours, et un océan présenté comme une décharge municipale sur laquelle naviguent quelques personnages étranges à bord d’une barquette d’aluminium. On comprend immédiatement le propos, et on adhère à cette théorie du « tous responsables ». Mais pour souligner ce propos, il fallait hurler sa rage, construire sa défense et renforcer son attaque, ce que les belges de COSMIC MONARCH ont bien compris au moment de composer ce troisième EP.
Après deux premiers moyen-formats, le collectif bruxellois a resserré quelques vis, et opté pour une déviation intéressante. Alors que ses deux premières productions privilégiaient un Stoner à la sauce Rock n’Roll, Systemic Failure opte pour un Punk Hardcore teigneux et viscéral, le seul vecteur d’expression capable de cristalliser tous les griefs et les restituer encore bouillants.
Et dès le départ, nous sommes pris à la gorge par cette production rêche et austère, qui joue les médiums sans négliger les graves de la basse et la batterie. Le propos était de mettre tout le monde au même niveau, et c’est réussi. On se mange cette gigantesque calotte comme un camouflet, après avoir renoncé à toute lutte pour l’environnement, chantier gigantesque oblige.
Très Rock, un peu Garage sur les bords, cet EP fait le job avec une saine colère. On apprécie ces riffs tendus et agressifs, ce chant exhorté comme une dernière plainte, et cette rythmique simple et stable, qui évite les remous. Mais simple ne veut pas dire simpliste, et ce mélange corrosif nous donne un aperçu de ce qui nous attend lorsqu’il sera trop tard, alors que les oracles d’infortune se satisferont très bien du rôle pas si funeste qu’ils ont joué.
Lorenzo Brioschi (basse), Greg Vdw (batterie), Fabio Brioschi (guitare) et Julien Maisonneuve (chant) préparent donc le terrain en vue d’un éventuel premier long qui résumera leurs premières années d’activité, et nous balancent cinq titres homogènes qui sont autant de petites grenades qu’on balance à la gueule des puissants. Puisqu’au bout d’un moment, la diplomatie est un aveu de faiblesse, autant tout dézinguer dans les grands largeurs et admirer le résultat : la destruction est toujours plus recommandable que l’apathie.
Et entre un FUGAZI plus direct, un 7 WEEKS concis dans le propos, COSMIC MONARCH brade son Stoner pour mieux se servir de son nouvel haut-parleur, qui porte loin les reproches de circonstance. On apprécie grandement cette sincérité Core qui se dégage de chansons simples, et la plupart du temps portées par un riff unique, mais sacrément malin. La franchise est donc de mise, et le résultat est évidemment probant : on combat aux côtés des musiciens pour nettoyer les océans, mais aussi pour faire place nette sur terre.
Systemic Failure et ses quinze petites minutes peut, et doit, se jouer en boucle. Son contenu est réfléchi mais naturel, et ses chansons se glissent dans le petit interstice séparant le Punk du Hardcore, unissant les deux bannières pour fédérer le plus de monde. « Deathless Grudge » nous laisse d’ailleurs avec un goût un peu amer dans la bouche, et un bel œil eu beurre noir mental. On aurait bien évidemment préféré un album un poil plus long, une demi-heure semblant un timing raisonnable, mais espérons que les bruxellois se sentent pousser une cape de super-héros écolo pour revenir nous coller un coup de pied au cul dont on se souviendra.
En attendant, continuez de trier vos déchets et de consommer intelligent. Tout ça peut encore servir.
Titres de l’album :
01. Two-Headed Snake
02. High Tide
03. Overwhelming Whispers
04. Voidwalker
05. Deathless Grudge
Alors, j'ai vu les prix et, effectivement, c'est triste de finir une carrière musicale emblématique sur un fistfucking de fan...
20/02/2025, 19:08
J'avoue tout !J'ai tenté avec un pote d'avoir des places le jour J...Quand on a effectivement vu le prix indécent du billet, v'là le froid quoi...Mais bon, lancé dans notre folie, on a tout de même tenté le coup...
20/02/2025, 18:52
Tout à fait d'accord avec toi, Tourista. En même temps, on a appris qu'Ozzy ne chanterait pas tout le concert de Black Sabbath. Du coup, faut essayer de justifier l'achat d'un ticket à un prix honteux pour un pétard mouillé.
20/02/2025, 09:27
Tout est dit.Que ce soir devant 50 personnes dans une salle de quartier ou dans un festival Hirax et en particulier Katon assuré à l'américaine. Parfait.L'album précèdent reste terrible. A voir celui ci.
19/02/2025, 17:51
Hell Yeah!!! Voilà ce que j'appelle une bombe bien métallique.P.S: Il serait bien que ce site passe en mode sécurisé: https car certains navigateurs refusent son ouverture car il est considéré comme malveillant.
19/02/2025, 16:32
Pareil, vu au Motoc l'année dernière plus par curiosité qu'autre chose : et bah c'était excellent ! La passion qui transpire, la nostalgie d'une époque aussi et puis cette énergie !
17/02/2025, 21:39
Oui, Keton de Pena est une légende encore vivante avec son Thrash reprenant pas mal les codes du Heavy. Il y met cette ambiance jubilatoire en forte communion avec les fans (il a dû vous faire le coup du drapeau). Je l'ai vu deux fois il y a une dizaine d'années, c&a(...)
17/02/2025, 13:18
Vu pour la toute première fois en live l'été dernier.Il était grand temps pour moi au vu que j'adore ce groupe...Le concert était laaaaaargement au-dessus de ce que j'en attendais : Ambiance, prestation, joie communicative, ultra-res(...)
17/02/2025, 06:50
C'est un groupe assez ancien en fait, ils ont bien vingt ans de carrière derrière eux. Martin Mendez les a recrutés pour son propre groupe parallèle à Opeth, White Stones, car il est installée à Barcelone. Ils avaient commenc&eacut(...)
15/02/2025, 18:14
Âge oblige, j'ai connu à fond cette époque et elle était formidable. Evidemment, aujourd'hui, il y a internet mais le gros avantage du tape-trading, c'était que, par défaut, un tri s'effectuait, copie après copie (de K7). Aujourd(...)
14/02/2025, 05:50
AAAAh Benediction... Toujours un plaisir de les retrouver. Et en live c'est du bonheur (efficacité et bonne humeur!)
13/02/2025, 18:38
Dans son livre "Extremity Retained", Jason Netherton met en lumière l'importance énorme que ce phénomène a eu lieu dans la naissance de la scène. Tous les acteurs isolés dans leurs coins du monde échangeaient par ce moyen, et cela le(...)
12/02/2025, 01:30