Je ne sais pas s’il y a réellement dix mille façons de mourir, mais il y a en tout cas plus d’une façon d’aborder le Death Metal.
OBITUARY en a développé une approche très personnelle dès les premiers jours de gestation du genre, lorsque le groupe s’appelait encore EXECUTIONER, puis XECUTIONER. Et depuis presque trente ans, ils la développent autour d’albums fleurant bon la putréfaction hivernale dans un vieux cercueil déglingué.
OBITUARY, c’est une appellation d’origine incontrôlable, un facteur de qualité, un combo qui n’a jamais vraiment déçu, même lorsqu’il a tenté des choses un peu trop conventionnelles pour son statut.
Et puis, on ne fait pas le grand écart entre les eighties et 2016 sans avoir un certain talent d’embaumeur non ? Alors lorsque la nouvelle d’un nouveau live fixé sur CD fit le tour des rédactions, les fans ne cachèrent plus leur joie.
Pensez donc, le premier depuis…Dead, il y a dix-huit ans, en restant sur le terrain des sorties officielles et en occultant les deux DVD pas forcément publiés avec l’aval des Floridiens…Depuis, le répertoire s’est densifié avec quatre longue durée, dont Inked In Blood qui marquait un net regain de forme proche de ce que John et sa bande avaient sorti de meilleur, il était donc normal qu’ils profitent de cette tournée triomphale pour marquer une pause…
Mais en guise de live, c’est à un paquet cadeau auquel nous avons droit, puisque OBITUARY y a joint en quelque sorte un petit bonus sous la forme d’un single deux titres ajouté en début de LP. Deux nouveaux morceaux, « Loathe » et « Ten Thousand Ways To Die », qui sont en fait le point de focalisation de Ten Thousand Ways to Die, considéré par le groupe comme un simple avec « quelques titres live en bonus ». Mais ne vous faites pas d’illusion, c’est bien à un nouveau live du groupe auquel nous avons affaire, eut égard au nombre de pistes en concert offertes, et surtout, de la qualité moyenne et aléatoire des deux morceaux studio en question…
Evacuons d’office ce problème en parlant des dits morceaux. On ouvre le bal avec « Loathe », long pavé de plus de six minutes qui renoue avec les effluves putrides de Floride, celles-là même qu’on reniflait avec un plaisir non feint à la fin des années 80. Le choc est frontal, riff macabre bien mis en avant par un mixage savant, litanie Doom en bonne et due forme, et puis cette entrée en matière de John, grave et traînante…Tout s’annonce pour le mieux, mais plus les minutes avancent, et malgré les coups du lapin et autres accélérations briseuses de nuques, et plus on ressent le syndrome du serpent mort qui se mord la queue, et le morceau finit par tourner à vide, faute d’avoir meublé son timing avec un poil plus d’idées.
«Ten Thousand Ways To Die » est heureusement plus intéressant, et parfait dans son rôle de mid tempo bien appuyé sur lequel John Tardy donne du gosier, et qu’on aurait d’ailleurs pu retrouver sur les classiques Slowly We Rot ou Cause Of Death, comme chute de studio par exemple…ce qui n’a rien de péjoratif, eut égard à la qualité des albums mentionnés…Break malin et solo en demi-teinte, c’est une bonne transition pour affronter les onze morceaux suivants, tous captés en live pour un groupe qui a toujours côtoyé la mort de près…
La tournée Inked In Blood fut un succès, et le groupe bénéficia d’ailleurs du support d’un studio mobile sur chaque date. Ils en ont donc profité pour capter sur bande tous les shows, ce qui leur a permis de faire un tri conséquent et de proposer à leurs fans un joli panaché, d’autant plus que la qualité du son était largement au rendez-vous.
Le résultat ? Onze incunables pour onze villes différentes, une production énorme pour un rendu fabuleux, et l’occasion pour les fans de retrouver les vibrations du quintette on stage.
Pour le coup, et en tant que bonus (bien que Ten Thousand Ways to Die soit vendu au prix d’un EP et pas vraiment d’un single), ces tranches de barbaques servies fraîches dans des villes come Los Angeles, Atlanta, Baltimore, Boise, New-York, Chicago, Toronto, San Diego, Phoenix, Tampa évidemment et Fort Lauderdale représentent bien sur le point fort de cette nouvelle sortie, et montrent un groupe finement affuté pour défendre son dernier né.
John hurle comme un damné, et la section rythmique Donald Tardy/Terry Butler assure comme une chaine de dépeçage fort bien huilée. Kenny et Trevor riffent sans discontinuer d’un staccato toujours très précis et d’un coulé morbide de fort bon goût.
Mais rien ne sert de rentrer dans les détails, vous connaissez tous les qualités de ce groupe qu’on ne présente plus, et vous aurez donc l’occasion de savourer après une entame ad hoc (« Redneck Stomp », tiré de Frozen In Time ) deux extraits du petit dernier, qui devrait connaître une suite dès l’année prochaine, avec l’enchaînement diabolique « Centuries of Lies »/ « Visions In My Head » qui prouve que Inked In Blood a parfaitement passé la rampe de la nouveauté.
Le reste ? Des chapitres essentiels de la carrière du groupe, qui pioche dans ses œuvres les plus confirmées, sans complexe, et qui rappelle pourquoi son nom est toujours d’actualité sur le devant de la scène Death en 2016.
Les versions proposées sont toutes impeccables, avec évidemment une mention spéciale pour les éternels « ‘Til Death » et son entame monstrueuse en live, « Find The Arise » qui claque toujours autant de vélocité et de lourdeur moite, et la doublette « Chiopped In Half – Turned Inside Out » qui transforme le public en horde de zombies prêts à vous bouffer la cervelle.
Celle-ci d’ailleurs éclate dans des gerbes de sang pourri lors du final apocalyptique « Slowly We Rot », LE titre qui a déclenché bien des vocations et qui continue de tourner rond en tant que clôture. Orgie de violence sourde, climat toujours aussi déliquescent, et public qui devient fou dès le riff d’intro, martelé avec toujours autant de conviction.
En résumé, un best-of en concert d’OBITUARY qui justifie largement l’acquisition de ce nouvel Album/EP/Single, eut égard aux morceaux joués et à la qualité bluffante d’un son plein de relief qui vous donne vraiment l’impression « d’y avoir été ». Vous jugerez vous-même de l’importance ou non des deux inédits, mais en tant que tel, Ten Thousand Ways To Die surpasse aisément Dead qui laissait un peu sur sa faim à l’époque.
Et il est évident qu’une fois avalée goulument cette gorgée de Death made in Florida, vous vous jetterez sur les tickets encore disponibles de la tournée Battle Of The Bays, qui passera par chez nous…très prochainement (Lille, Paris, magnez-vous quand même), et sur laquelle vous retrouverez nos embaumeurs préférés en compagnie d’EXODUS, PRONG et KING PARROT.
Titres de l'album:
"...jouer un concert en Arabie Saoudite. Un honneur absolu et un privilège. Les loups du nord apporteront la tempête hivernale à Riyad !"Un véritable honneur absolue de jouer en Arabie Saoudite, la ou les apostas sont condamnés &agra(...)
21/11/2024, 08:46
Quand on se souvient du petit son des années 80... Mais la prod ne fait pas tout, ça reste du pilotage automatique. C'est pas avec un truc pareil que je vais me réconcilier avec eux, et ça fait 20 piges que ça dure.
19/11/2024, 21:57
J'avais pas vu cette chronique. J'étais au soir avec Ulcerate et je n'ai pas du tout regretté...Le lieu : il y a forcément un charme particulier à voir ce genre de concert dans une église, surtout que le bâtimen(...)
15/11/2024, 09:51
Le who's who des tueurs en série. Un plus gros budget pour l'artwork que pour le clip, assurément. (...)
14/11/2024, 09:20
J'imagine que c'est sans Alex Newport, donc, pour moi, zéro intérêt cette reformation.
11/11/2024, 16:15
NAILBOMB ?!?!?!?!Putain de merde !!! !!! !!!J'savais pas qu'ils étaient de nouveau de la partie !!!Du coup, je regarde s'ils font d'autres dates...Ils sont à l'ALCATRAZ où je serai également !Humungus = HEU-RE(...)
11/11/2024, 10:09