Rogga Johansson, c’est un peu le gars à qui tu demandes s’il a fait la vaisselle, et qui te répond, « oui, juste après avoir passé l’aspirateur, lavé le linge, changé la litière du chat, fait les chambres, repeint le plafond, répondu à tous les e-mails en attente, été chercher le pain et le cassoulet, aidé la voisine à réparer sa fuite, et fondé une amicale des numismates pour occuper les personnes âgées du quartier ». Le mec sympa, débrouillard, mais méchamment hyperactif. Et même plus, car le terme d’hyperactif est une insulte à sa créativité, l’homme affichant un parcours qui ne tiendrait même pas dans les pages de l’ancien bottin du 93. Si l’on en croit sa bio sur The Metal Archives, la résolution de votre écran risque d’être un peu juste pour afficher tous ses méfaits, et sous son nom, on trouve les lignes informatives suivantes :
BLOODGUT, DEAD SUN, DOWN AMONG THE DEAD MEN, ECHELON, EYE OF PURGATORY, FONDLECORPSE, FURNACE, GHOULHOUSE, GOD CRIES, GRISLY, HUMANITY DELETE, JOHANSSON & SPECKMANN, LOBOTOMY DEPT, MASSACRE, MEGASCAVENGER, MONSTROUS, NECROGOD, PAGANIZER, PERMADEATH, PILE OF SKULLS, PUTREVORE, REEK, RIBSPREADER, ROGGA JOHANSSON, SEVERED LIMBS, STASS, SVITJOD, THE CLEANER AND MR. FILTH'S VAN MURDERS, THE DEAD COLD, THE SKELETAL, THOSE WHO BRING THE TORTURE, TO DESCEND, ex-CARVE, ex-DEMIURG, ex-EATEN, ex-FOREBODING, ex-MINOTAUR HEAD, ex-SKELETAL SPECTRE, ex-SWARMING, ex-TERMINAL GRIP, ex-THE GROTESQUERY, TROIKADON, ex-BANISHED FROM INFERNO, ex-GRAVEYARD AFTER GRAVEYARD, ex-SINNERS BURN, ex-SOULBURN, ex-THE 11TH HOUR, ex-DERANGED (live), ex-BONE GNAWER, ex-TO THE GALLOWS.
Rien qu’en cette année 2020, le bonhomme s’est illustré avec de nouveaux albums de FURNACE, GHOULHOUSE, GOD CRIES, HUMANITY DELETE, MEGASCAVENGER, MONSTROUS, REEK et THOSE WHO BRING THE TORTURE, sans oublier bien évidemment ce septième album de REVOLTING. Incroyable de penser que ce grand suédois barbu parvient à ridiculiser en même temps Frank Zappa, Shane Embury, Paul Speckmann, Devin Townsend et Buckethead, se posant de lui-même sur son trône de fer érigé en la gloire d’un musicien qui ne connaît ni la fatigue ni la peur de la page blanche. Alors évidemment, les spécialistes d’arguer que le bonhomme nous refourgue le même album à intervalles très réguliers, et ces mauvais esprits n’en seront pas vraiment. Aussi sympathique soit Rogga, sa musique d’un projet à l’autre ne varie pas beaucoup, et au sein d’un même concept, pas du tout, puisque ce The Shadow at the World’s End ressemble en tous points à Monolith of Madness paru il y a deux ans, soit le laps de temps nécessaire au monsieur pour mettre sur pied deux ou trois groupes et lâcher une bonne dizaine d’albums.
De fait, inutile de jouer le mystère en vous cachant ce que ces neuf nouveaux morceaux contiennent, puisque REVOLTING est sans doute le projet le plus classique du suédois. Du Swedish Death dans toute sa splendeur ou son horreur, un truc bloqué sur la période damnée de la HM-2, des riffs putrides, des lignes vocales graves, des cassures téléphonées, des breaks qu’on peut aisément anticiper, et une ambiance morbide à souhait, mais néanmoins joyeuse sur les bords. Il devient de plus en plus difficile de trouver les mots au moment de rédiger une chronique d’un des projets du sieur Johansson, tant on les a abondamment employés une bonne centaine de fois auparavant. Alors certes, ce septième tome des aventures cryptiques de REVOLTING est sacrément efficace, sevré des enseignements de GRAVE, DISMEMBER, EDGE OF SANITY, AT THE GATES, ENTOMBED, UNLEASHED, soit la quintessence de la classe internationale suédoise, certes, il renvoie pas mal de représentants de la concurrence dans les cordes de l’éthique et du commerce équitable post-mortem, certes, il s’inscrit donc dans la continuité de qualité des six albums précédents, mais il fait partie de cette caste d’œuvres que l’on connaît sans en avoir écouté la moindre note.
Et pour cause, puisque les notes utilisées ici sont les mêmes que celles usitées dans les autres projets du suédois, qui ne prend même plus la peine de déguiser son inspiration pour la faire paraître différente. Alors, pour le bien de tous, oublions une bonne fois pour toutes que Rogga recycle sévère depuis quelques années, pour admettre que son sens de la composition fait souvent mouche. On a beau connaitre par coeur la moindre de ses exactions, on apprécie toujours autant ces attaques franches et historiques, qui nous rappellent la belle époque de la naissance du Death suédois de la fin des années 80. D’autant qu’au sein de REVOLTING l’homme est méchamment à l’aise, et trouve encore une fois l’équilibre juste entre la première et la seconde vague de Death scandinave, mixant la rudesse des pionniers à la fluidité des élèves, pour parvenir à un dosage parfait entre mélodie maladive et rythmique en coup du lapin.
L’avantage, c’est que l’homme, toujours entouré de ses fidèles comparses roublards (Grotesque Tobias – basse, Mutated Martin – batterie) ne nous saoule pas avec des pavés de cinquante minutes. En une demi-heure, le bousin est plié, et tout le monde a rangé son matos. Du coup, la dose, sévère, passe bien, et on ressort un peu Rogga des uppercuts de groggy, mais heureux d’avoir encore une fois pris une grosse caisse Death savoureuse et artisanale. D’autant plus que la sanction est bien produite, sale comme il faut, mais assez claire pour qu’on comprenne tout ou presque. De temps à autres, la machine s’emballe morbide, avec « Carnage Will Come », plus NIHILIST qu’un pet de Lars Goran Petrov, ou encore plus supersonique qu’un rot lâché par les mecs d’UNLEASHED après une bière bon marché bue au goulot (« Revolted By Life Itself »). Encore une fois, Rogga s’en sort de son côté passionné, et nous range à son avis, qui consiste à affirmer depuis des années que le Death des origines est le meilleur, et que jouer autre chose est inutile et superfétatoire. Attention à la luxation de passion toutefois.
Titres de l’album:
01. Defleshed
02. 1888
03. The Shadow At The World’s End
04. Sorrow As Companion
05. Daggers That Mimic Life’s Pain
06. Dragged Back To The Cellar
07. To The Bitter Bleeding End
08. Carnage Will Come
09. Revolted By Life Itself
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Pas une seule vanne lourdingue de poisson d'avril à l'horizon cette année...Je m'inquiète donc pour votre petite santé les gars... ... ...
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