Les allemands sont passionnés par le Heavy pur et dur. Les italiens quant à eux, admettent une admiration sans borne pour le Metal épique, dramatique, et opératique. Un héritage somme toute assez logique, pour un pays placé sous l’égide musicale de Rossini, Paganini, Verdi, Puccini ou Vivaldi. Les deux écoles s’affrontent tout en se complétant, les uns préférant les attaques de front rudes, et les autres la séduction brutale, et les aventures complexes, héroïques et scénarisées.
Les ICY STEEL font sans conteste partie de la seconde école de pensée. Depuis 2005, le quatuor de Sardaigne a largement eu le temps d’exposer ses méthodes et son imagination sur cinq longue-durée, qui font depuis partie du patrimoine national. Mais alors que leur régularité régalait leurs fans, les chevaliers ont alors disparu corps et épées pendant six ans, avant de revenir avec un cinquième album tonitruant, mais aussi très précis. Et l’euphorie s’est répandue comme un virus de grippe lorsque le monde est tombé sur cette œuvre dense et intense qu’est The Wait, the Choice and the Bravery.
L’attente, le choix et la bravoure. Un menu bien connu, et un plan de bataille très bien écrit. Stefano Galeano (guitare/chant et seul membre originel), Flavio Fancellu (batterie), Carlo Serra (basse) et le petit dernier Andy Mornar (guitare), possédant tous un CV enviable se sont donc donné pour tâche d’enregistrer le plus ambitieux des albums de Heavy Metal au souffle épique. Et si le défi pouvait paraître inconscient, le résultat est là pour démontrer que les quatre musiciens se sont dépassés pour atteindre un niveau de qualité fort enviable.
Car la musique d’ICY STEEL est tout sauf un démarquage sur les conquêtes de MANOWAR et SAVATAGE. Le groupe italien possède depuis longtemps sa propre personnalité, et ne compte ni sur ses muscles ni sur ses fantasmes égotiques pour brosser un portrait du Metal le plus incorruptible. Non, il préfère jouer avec les limites de genre, et l’expression de genre. Il n’est donc pas rare de trouver dans ces neuf morceaux des thématiques thrashy, des licences poétiques germaines, et des rimes italiennes, ce qui permet de condenser le propos en un seul livret : The Wait, the Choice and the Bravery
Point de True ici. La quête n’est pas de sonner plus vrai que ses camarades, mais plus pugnace et tenace. Et en découvrant « When I Hold The Sword », on comprend que la puissance et la méchanceté sont des ingrédients à ne pas négliger. Entre un METAL CHURCH plus ample et un RHAPSODY moins cliché, ICY STEEL gèle l’acier et brise les épées de ses adversaires, encore plus efficacement que Tornade dans un épisode des X-MEN.
Avec un lot de chœurs dénichés dans un hangar allemand, et des sinuosités typiquement américaines, le quatuor n’a retenu que le meilleur d’un genre qui ne supporte guère l’investissement partiel. Les italiens se sont donc jeté corps et âme dans la réalisation d’un album lourd, emphatique, dramatique, mais surtout fantastique. Son âme affleure même à la surface des eaux troublées, via « The One Who Chose To Climb The World », titre noble et classieux s’il en est. Avec une bordée de mélodies prononcées, et des couplets faisant la part belle aux guitares les plus agressives, ce sixième LP est un hommage rendu à notre musique préférée, mais pas un hommage facile débordant de clichés. Non, les italiens se sont servis des vieux grimoires de SANCTUARY et NEVERMORE pour écrire leur propre croisade, qui cède parfois sous les coups de boutoirs d’un Metal classique et bien exécuté (« The Epic Sound Of The Wind »).
Si les intitulés des morceaux pourront faire sourire ceux n’étant pas portés sur l’Heroic-Fantasy, la bande instrumentale aura tôt fait de remettre les pendules à l’heure. Utilisant les codes du genre pour mieux les détourner à leur bénéfice, les quatre acolytes s’y prennent avec délicatesse et intelligence pour pondre des épisodes passionnants et même inquiétants, à la lisière d’un Doom non déclaré, avec une pesanteur moite qui donne quelques suées (« Fight Against Constant Sorrow »).
La première partie de The Wait, the Choice and the Bravery est la plus ample et la plus mystique. Les titres les plus contrastés y ont été placés dans un désir d’imposer une atmosphère de conflit, alors que la suite des évènements suggère une bataille rangée avec « Agony Of The Righteous Man » qui sonne comme du FLOTSAM & JETSAM en villégiature KING DIAMOND, ou « The Barbarian Side Of Yourself », tragique à souhait et encore une fois alourdi par une rythmique vraiment pilonnée.
Stefano Galeano régale de ses riffs, et épate de son chant. Ses intonations suraiguës ne sont pas sans rappeler MERCYFUL FATE, et son sens de la tragédie la scène Progressive italienne des années 70, le tout épicé d’une sauce à la DEATH SS des grands jours. Le leader continue donc sa route avec une belle confiance, et s’autorise à peu près tous les débordements, pour peu qu’ils servent les titres. De fait, le disque passe très bien et très vite, et de multiples écoutes s’imposent. Mais cette insistance, loin d’être ennuyeuse et roborative nous plonge dans un univers occulte, entre lumière forte et ténèbres frappant à ta porte.
ICY STEEL a donc mis à profit ses années d’absence pour finaliser une œuvre épique, qui surclasse une bonne partie de la concurrence. On ne se contente pas de poncifs lorsqu’on souhaite enregistrer un album pareil. Il faut avoir de la discipline, de l’abnégation, mais aussi une sacrée ambition. Trois qualités que possède le quatuor et qui lui garantissent un succès certain à chaque apparition.
Titres de l’album :
01. Hidden But Alive
02. When I Hold The Sword
03. The One Who Chose To Climb The World
04. The Epic Sound Of The Wind
05. Fight Against Constant Sorrow
06. Agony Of The Righteous Man
07. The Barbarian Side Of Yourself
08. Eternal Flame Of The Icy Warlock
09. In The Fire Of Redemption
Avec Massacra legacy, ça commence nettement à avoir plus de gueule ! Reste à voir la suite des annonces. Mais je crois que je vais plus préférer le Westill le mois suivant au même endroit cette année, déjà Elder et Wytch Hazel de confi(...)
13/05/2025, 07:48
Mea culpa....J'avais pas vu la news en première page - j'ai été directement te répondre.
12/05/2025, 14:33
S'il est du même acabit que le The Cthulhian Pulse: Call From The Dead City sorti en 2020, Mountains of Madness risque d'être un allday listening pour moi.J'ai hâte, bordel !
12/05/2025, 13:44
J'étais passé totalement à côté de cette petite pépite de Death Suédois!Vieux moutard que jamais!Puteraeon glisse de belles ambiances lovecraftiennes sur cet album et les arrangements apportent un plus à l'ensemble.
12/05/2025, 13:42
Necro est sympa, avec de bons passages groovy et d'autres où le groupe envoie du bois.Pas sûr de l'écouter durablement, d'autant plus que le prochain Puteraeon sort le 30 avril prochain.
12/05/2025, 13:40
Sentiment mitigé pour ma part Le chant de Johan Lindqvist n'atteint pas un pouïème de ce qu(...)
12/05/2025, 13:38
Au vu de la dernière vidéo-ITW en date du gonze sur ce site, pour ce qui est de "feu sacré", il a toujours l'air de l'avoir le mec.Je pars donc confiant.
08/05/2025, 09:17
@ MobidOM :oui, pas faux pour la "captation d'héritage" ! :-/ En même temps, s'il a encore le feu sacré et propose un truc pas trop moisi... De toute façon la critique sera sans pitié si le truc ne tient pas la(...)
07/05/2025, 11:52
Ah ce fameux BRUTAL TOUR avec Loudblast / MASSACRA / No Return et Crusher en 95 ! LA PUTAIN de bonne époque
07/05/2025, 11:04
@ Oliv : Montpellier étant une ville et une agglomération plus petite que Lyon, il n'y a véritablement de la place que pour deux petites salles orientées Rock-Metal-Punk-etc, à ce qui me semble après vingt-cinq ans d'observation. Au-delà,(...)
06/05/2025, 20:29
"Death To All", à chaque fois que je les ai vu ils avaient un line-up tout à fait légitime (dont une fois tous les musiciens qui ont joué sur "Human", à part Chuck bien sûr)Et puis la phrase "Chris Palengat pr(...)
06/05/2025, 20:28
Je ne vois pas beaucoup l'intérêt, et je ne comprends pas pourquoi ils n'ont pas attendu les trente ans de l'album l'an prochain. Ces dernières semaines je me retape les premiers, et ça reste un bonheur.
06/05/2025, 19:29
Vénérant ces albums et n'ayant jamais vu la vraie incarnation de Massacra, hors de question de louper ça (si ça passe à portée de paluche, pas à Pétaouchnok). Un peu comme un "Death To All"...
06/05/2025, 17:11
Ils sont juste trop faux-cul pour assumer le statut de tribute band, voilà tout.
06/05/2025, 16:15