Ces Canadiens sont donc surprenants…Alors que tout le monde se plaît à les imaginer souriants, avenants, accueillants, doux et caressants, ils se montrent la plupart du temps sous un jour beaucoup moins complaisant artistiquement parlant. Un peu comme une pancake au chocolat au lait d’un côté, tartinée de harissa au goudron de l’autre. Pensez-donc, ils peuvent se justifier d’une scène Black Metal aussi froide que leurs hivers, et dont les représentants font office de chefs de file dans l’underground mondial, mais voilà qu’à présent ils osent nous attaquer par la face Death macabre, sans perdre de leur vilénie ni de leur dextérité diabolique. Donc, le combat est-il réglé d’avance ou avons-nous encore des chances de nous défendre ? A l’écoute de la seconde production des locaux de PROFANE ORDER, la reddition semble inévitable, tant ces barbares du nord manipulent le sadisme musical comme les offices de tourisme nationaux le sourire impeccable et chaleureux. Pourtant, chaude, cette démo l’est assurément. C’est même l’une des plus torrides qui soit sortie sur le marché en cette agonisante année 2017, reléguant dans les abysses du froid toute la concurrence. Et en termes d’intensité, l’objet va tellement loin qu’on pourrait presque l’apparenter à une forme très sale et primaire de Black Metal, alors même que le genre n’est qu’une composante horrifique parmi tant d’autres. Car ici, c’est bien le Death qui règne sur le tas d’immondice sonore proposé, d’une violence de fer et d’un enfer intense, à tel point que six titres sont largement suffisants pour mettre notre système nerveux à rude épreuve. Mais parlons-en plus franchement.
Fondé en 2015, ce quatuor (Olwyn - basse, Antoine - batterie, Taylor - Guitare et Illusory - guitare/chant), formé autour de deux ex-SPECTRAL WOUND a pris le temps l’année dernière de sortir un premier album/démo, Marked By Malice, édité en tape et qui ne versait pas non plus dans la tendresse guimauve. Tightened Noose of Sanctimony, seconde publication en format EP lui emboite donc le pas, et se voit distribué en version tape un peu partout par les bons soins de labels divers, dont Invictus Productions, qui peine à satisfaire la demande tant le produit en question est recherché par tous les fonds. Il faut dire que les canadiens de leur chaos précèdent leur excellente réputation, puisque leur Death éminemment cruel est l’un des plus écorchés de la planète, mais aussi un des plus intenses, tellement qu’il tire souvent vers un BM purement war, sans complaisance, mais avec beaucoup d’aisance dans la violence. Son intensité de vitesse est à peine tempérée par quelques breaks lourds mais bien amenés, qui loin d’amenuiser l’impact global, ont tendance à le renforcer de leur lourdeur figée. Et entre des soli complètement affolés et un batteur se prenant pour le Hellhammer de De Mysteriis Dom Sathanas, un chanteur puisant au fond de son larynx et de ses poumons les inflexions les plus graves et incantatoires, et des morceaux à la structure simple mais à la portée maximale, le tableau est complet, et assez impressionnant de volonté. Il m’est difficile de comparer le travail des PROFANE ORDER à d’autres œuvres déjà publiées, mais si vous aviez la capacité d’imaginer la méchanceté d’un INCANTATION dopée à l’énergie d’un NAILS, le tout joué comme l’oraison d’un REVENGE mis en terre, alors vous auriez largement de quoi dépeindre mentalement le carnage qui vous attend. Le tout interprété avec une précision diabolique, accentuant l’impression générale de massacre organisé du fin fond des enfers nord-américains…
Macabre, glauque, sans concessions, Tightened Noose of Sanctimony ne nous laisse aucun répit, et peut compter sur axe basse/batterie métronomique, égrenant ses BPM comme autant d’espoirs déchus. Point fort de cette réalisation, cette force de frappe à la puissance dantesque catapulte ce second effort au rang des travaux les plus denses jamais réalisés en termes de Death à tendance Black, qui peut aussi se reposer sur un duo de guitaristes à l’abattage sidérant, recyclant des riffs classiques pour le plus grand bonheur des fans de Death putride qui déplorent que leur style de prédilection ait sombré dans les affres de la surproduction, ou du Vintage scandinave bidon. Ici, aucune allusion opportuniste aux studios Sunlight, ni aux héros gelés d’ENTOMBED ou GRAVE, mais un pur déferlement de haine typiquement canadienne, qui ne semble connaître aucune baisse de régime, même lorsque le tempo cède le pas pour quelques secondes. Ainsi, le final « Morbid Lust » nous offre l’une des intros les plus grasses et graves de la création, avant de nous écraser contre une enclume d’oppression, qui elle-même cède sous les coups de boutoir de blasts en fusion, pour trois minutes et vingt-quatre secondes de Death millimétré en occlusion. Aucune déviance, mais beaucoup de défiance, pour un résultat qui dépasse l’entendement, et qui vous demandera pas mal d’abnégation. Certains se demanderont où tout ça veut en venir et resteront sans doute de marbre face à cette agression, alors que les autres y verront un extrémisme sans bride qui mérite tous les honneurs. C’est mon cas, et je dois reconnaître qu’une telle abomination force le respect, et se déguste comme une scène outrancièrement dérangeante, qu’on observe en voyeur passif/actif, en attendant toujours plus dans la douleur.
Une déclaration de guerre à la pudeur, et surtout, vingt minutes de terreur musicale qui renvoie une autre image de nos cousins du grand nord, qui ne sont décidément pas les derniers à verser dans l’horreur. Un genre de schizophrénie qui les rend encore plus attachants. Mais méfiez-vous qu’ils ne vous attachent pas au radiateur pour vous faire passer un sale quart d’heure.
Titres de l'album:
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