Allemagne, Heavy Metal. Avec ça, j’ai tout dit, évoqué des centaines d’images sonores, de souvenirs, tous plus ou moins heureux. Ça revient finalement à associer des mots comme Nouvelle-Zélande et rugby, France et bouffe ou Suisse et horlogerie, c’est une évidence, un gage de qualité, un sceau de savoir-faire. Osons-le dire clairement, nos amis allemands sont les maîtres en la matière, et les seuls à pouvoir concurrencer les anglais sur ce terrain miné, et cette tradition est toujours d’actualité en 2019 alors même que ce pays n’a plus rien à prouver depuis longtemps en la matière. Mais on le sait aussi, le Metal germain pâtit parfois du manque de discernement de ses créateurs, qui n’hésitent jamais à sombrer dans les affres du populisme le plus outrancier, à grand renfort de chœurs de stade et de refrains à boire. Alors, pour lutter contre ce travers, j’ai la solution idéale, en l’occurrence un premier album, celui des TURBOKILL. Avec leur nom à mi-chemin entre Turbo de JUDAS PRIEST et Pleasure to Kill de KREATOR (pure spéculation personnelle qui ne fait pas foi ni loi), ces originaires d’Annaberg-Buchholz nous donnent inconsciemment (et certainement involontairement) des indices quant à leur style de prédilection. Car les TURBOKILL sont bien plus qu’un simple groupe de Metal lambda, ce que leur signature sur le très estimé label Steamhammer semble prouver. Non qu’ils s’adonnent aux joies du crossover ou de la fusion, mais autant dire que leur musique est bien plus riche d’un simple succédané de Metal Heart ou Gates to Purgatory. Ils citent d’ailleurs une somme d’influences assez intéressante, mentionnant JUDAS PRIEST, ACCEPT, RUNNING WILD, IRON MAIDEN, QUEENSRYCHE, X JAPAN, LOUDNESS, RIOT, LUNAR SHADOW, ou Yngwie MALMSTEEN, ce qui a le mérite de bien baliser le terrain qu’ils couvrent, mais pour être honnête, je me permettrai de recentrer les débats pour qu’ils soient plus clairs pour vous, histoire d’appréhender ce Vice World avec le maximum de précisions.
Si certains aspects de ce premier LP semblent confirmer l’allégeance au Heavy Metal pratiqué par les anglais du PRIEST et les germains d’ACCEPT, il y a aussi d’autres tendances à aller chercher du côté de la Finlande de STRATOVARIUS, mais aussi nationalement en se souvenant du HELLOWEEN des années Keeper of The Seven Keys. Du Heavy donc, mais qui tire méchamment sur le Power, avec les rythmes idoines, le chant aigu qui pousse les notes, les riffs plombés mais racés, et la production énorme qui enrobe le tout dans une virilité incontestable. Et si des traces du PRIEST sont à débusquer, il faut les rechercher dans l’héritage laissé par le monstrueux Painkiller plus que vers celui de British Steel, ce qui en dit plus long qu’il n’y parait sur la puissance de l’objet en question. Inutile de dire aussi que quelques nuances rappellent les américains de RIOT, ceux de Thundersteel, mais aussi CRIMSON GLORY, avec cette petite touche de QUEENSRYCHE que le LIZZY BORDEN essayait de traduire dans un vocable IRON MAIDEN. Il n’est pas non plus incongru de penser que Vice World penche aussi du côté Thrash light où il va tomber, avec ces fortes réminiscences de TOXIK, mais heureusement, le sens de la musicalité de ce quintet (Stephan Dietrich - chant, Ronny Schuster - guitare/chœurs, Daniel Kanzler - guitare/chœurs, Marco "Fox" Grünwald - basse et Philipp "Nafta" Dießl - batterie) l’empêche de verser dans la violence débridée, tout en maintenant une pression constante sur l’auditeur. C’est donc plus à un excellent album de Power Metal auquel nous avons affaire, ce que la tonitruante entame de « Vice World » prouve dès sa première accélération. Et au cas où vos doutes auraient du mal à se dissiper, « War Thunder » maintient la cadence à un tempo élevé, pour évoquer les souvenirs de « I’m Alive », « Freedom » ou « Thundersteel », le tout avec une intelligence mélodique assez fine, nous épargnant les atermoiements harmoniques les plus niais. Du costaud sensible ? Oui, et une vision old-school assez fascinante, même si le groupe parvient à en éviter les tics les plus irritants et les emprunts les plus marqués.
Disons-le tout net, il n’y a pas grand-chose à jeter ici. Que l’ambiance soit volontairement plombée ou consciemment aérée, tout fonctionne, malgré un formalisme de riffs incontestable. Et là réside donc le plus gros du talent de ces musiciens, capables de chiper à droite à gauche, mais dans un champ d’inspiration suffisamment vaste pour qu’on ne repère pas la supercherie, qui n’existe d’ailleurs pas. Faites en l’expérience, et tentez de résister au groove incroyable de « Pulse Of The Swarm », qui parvient à combiner le lyrisme des premiers QUEENSRYCHE avec les réflexes southern de PANTERA, le tout sans pomper l’un ou l’autre. Et contrairement à bien des albums du cru, Vice World bénéficie toujours d’une idée accrocheuse pour éviter la redite, qu’elle consiste à jouer avec les limites entre Hard et Heavy (« Global Monkey Show », méchante attaque du consumérisme moderne, à la manière du « Buy or Die » de SCANNER), ou avec celle séparant la politesse Heavy de la rudesse Thrash (« Turbokill », l’hymne de l’album, sans conteste possible, et le genre de truc qui rend complètement fou en concert). Beaucoup de solidité donc, de lucidité dans la variété, et un LP qui passe donc très vite malgré sa durée homologuée, et qui réserve toujours des surprises, comme le riff ultra redondant à la MORTAL SIN de « Kill The Lie » sur fond d’envolées dramatiques de Stephan Dietrich. Le chanteur au timbre versatile et étendu assure donc la liaison entre deux guitares qui restent solides et inventives, et une section rythmique plus qu’efficace. Quelques arrangements épars pour lier la sauce, des breaks très mélodiques, des instants d’accalmie bienvenus (« Don't Deal With The Devil », qui rappelle METAL CHURCH sur ses premières mesures avant de dégénérer en pur Heavy saccadé à la MAIDEN), et des titres plus volontiers posés, mais pas moins créatifs pour autant (« Track N' Spy », les téléphones portables, c’est le mal), et le bilan est clair, définitif et sans appel, ce premier album de TURBOKILL est définitivement turbo, et kill à mort.
Pas facile pourtant de mélanger QUEENSRYCHE, STRATOVARIUS, ACCEPT, JUDAS PRIEST et HELLOWEEN sans passer pour de vilains faiseurs, et c’est pourtant la gageure que le groupe a brillamment relevée. La (très bonne) surprise du mois, et un groupe à suivre de très, très près. Mais pas trop, parce que ça peut gicler.
Titres de l’album :
01. The Grand Delusion
02. Vice World
03. War Thunder
04. Pulse Of The Swarm
05. Global Monkey Show
06. Sail With Pirates
07. Turbokill
08. Kill The Lie
09. Don't Deal With The Devil
10. Track N' Spy
11. End Of Days
12. Fortress Of The Universe
Oui je n'avais pas précisé les causes de la mort... C'est tellement cliché comme mort pour un ricain
03/05/2025, 08:34
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Oui les subventions il suffit d'un pas qu'ils perçoivent de travers (ce qui n'est pas forcément le cas dans une scène) et t'es hors système. C'est un immense problème, peu importe ou l'on se situe économiquement, dans le syst(...)
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