Du nom à la pochette, des titres à l’ambiance dégagée, tout guide sur la piste d’un Power Metal raffiné, aux références amalgamées. Mais au moment de juger du potentiel de l’œuvre, il serait de mauvais ton de dire que l’on croit connaître les DARKTRIBE. Pourtant, le fan pourrait se prévaloir de sa fidélité et anticiper en se basant sur ce que les sudistes ont déjà produit jusqu’à lors. Après tout, avec deux longue-durée et des concerts en compagnie de pointures comme JADED HEART, Derek SHERINIAN, BUMBLEFOOT, SONS OF APOLLO, et d’autres avec les frères d’armes d’ADX, KLONE, ou NO RETURN, il y a de quoi se montrer exigeant et se penser capable de deviner l’évolution sans défier la logique. Mais l’intelligence de DARKTRIBE est justement d’évoluer à son rythme, ce rythme tranquille que le groupe s’est imposé depuis 2004, ce rythme qui fit que le premier chapitre ne fut gravé qu’une décennie plus tard ou presque, lorsque Mysticeti Victoria frappa les consciences en 2012. Et si ce premier tome éveilla les esprits curieux et mit en appétit les fans d’un Heavy Metal noble et joué avec esthétisme, c’est évidemment The Modern Age qui attira les projecteurs sur le quatuor, avec ses faux-airs de Power Metal joué légèrement progressif, mais trop humble pour complètement s’affilier au créneau. En 2020, les originaires des Alpes Maritimes n’ont pas changé leur fusil d’épaule ni leur partition de chevalet, mais sont allés jusqu’au bout d’un concept de nivellement mélodique qui n’a en rien entamé leur soif de puissance. Et il n’est pas illogique de voir en Voici l’Homme un épitomé du Heavy mélodique des années 90 poussé dans les derniers retranchements des exigences de ce nouveau siècle. Et plus qu’un album de Power Metal, ce troisième chapitre est un album de Metal dans le sens le plus respectable du terme, qui n’est ni Power, ni True, ni Sympho, ni vraiment progressif, et pourtant tout ça à la fois. A tel point qu’on a parfois le sentiment d’écouter un projet commun à Neal Schon et Timo Tolkki.
JOURNEY/STRATOVARIUS, le parallèle ne manque pas de culot, et pourtant, s’approche de la vérité, en tout cas, d’une des vérités. Et en écoutant « Back in Light », vous comprendrez exactement de quoi je parle, sans être surpris par ma comparaison. Puisque cette comparaison aurait pu être faite il y a quelques années déjà en écoutant « Wild Call » sur The Modern Age qui montrait déjà des signes d’assouplissement et de simplification. Mais si la musique proposée par les DARKTRIBE se veut subtilement moins complexe dans les faits, elle n’en reste pas moins d’une richesse incroyable. Toujours aussi attachés à leurs racines et références (IRON MAIDEN, KAMELOT, STRATOVARIUS, GOJIRA, OPETH, SYMPHONY X), les quatre musiciens (Anthony Agnello - chant, Loïc Manuello - guitare, Bruno Caprani - basse et Julien Agnello - batterie) ont donc fait le choix de trouver le plus parfait équilibre possible entre la puissance et la mélodie, constat que l’on peut tirer assez vite, après la découverte du premier morceau « Prism of Memory ». On pense évidemment au HELLOWEEN le moins farceur, au STRATOVARIUS le plus appliqué, et plus généralement, à un Heavy Metal aux harmonies très prononcées et à la technique peaufinée, avec ces chœurs à la scandinave, ce refrain qui sent bon l’acier, ces riffs solides mais musclés, et cette production larger than life qui n’en fait pourtant pas trop. De la mélodie donc, mais pas au détriment du volume, ce que la guitare toujours aussi volubile de Loïc Manuello assure de ses riffs presque néo-Thrash qui s’accommodent fort bien du virage mélodique prononcé. L’homme est toujours aussi à l’aise dans tous les registres, et son jeu n’est pas sans rappeler celui du maître Petrucci, avec cette facilité déconcertante à servir les morceaux sans oublier ses propres aspirations, sans gonfler son ego. Mais au petit jeu de la qualité, tous les musiciens sortent grandis de cette prestation, et les fans de lignes vocales sublimes ne seront certainement pas les plus à plaindre.
Une fois encore, celui qui cimente le tout, qui permet aux morceaux de s’envoler et de nous entraîner dans un voyage héroïque, c’est lui, ce chanteur exceptionnel au timbre unique qu’est Anthony Agnello. Voici l’Homme lui permet une fois pour toute d’asseoir sa réputation amplement méritée de chanteur hors-norme, et l’égal des Mickael Kiske, Timo Kotipelto et autres James LaBrie, sans qu’il n’ait besoin d’en rajouter. Entre ses nuances presque AOR et ses capacités à sublimer le Metal pour le faire sonner Pop sans trahir sa virilité, Anthony permet à certains titres de sonner comme des classiques immédiats, comme ce superbe et éponyme « Voici l'Homme » aux harmonies prononcées, aux tierces magnifiées, et au refrain aussi dramatique qu’une pièce de Shakespeare. C’est évidemment - selon moi en tout humilité - ce morceau qui fixe le niveau hallucinant atteint par le quatuor avec ce troisième album. Sans jouer la corde sensible, DARKTRIBE est cette fois ci parvenu à passer à la catégorie supérieure, s’affirmant comme l’un des ténors d’un genre qui finalement, n’appartient qu’à eux, entre Progressif modeste et Heavy de noblesse. Si chaque morceau semble être une preuve de cette marche gravie, certains permettent au groupe de prendre encore un peu plus d’avance, à l’image sonore de l’envoutant et évolutif « The Hunger Theory » et sa courte intro à la QUEENSRYCHE. Parangon de la subtilité qui anime le cœur de cette œuvre, ce titre ciselé dans le cristal est bien plus qu’une vulgaire Power ballad pour attendrir le chaland, c’est une peinture musicale aux couleurs évoquant THE KORDZ, DREAM THEATER, JOURNEY encore, et tous ces groupes qui ont un jour compris qu’une harmonie facile n’était pas la clé d’un achèvement, et qu’il fallait aller chercher au fond de son cœur de quoi toucher vraiment les gens. En modulant ses inflexions, Anthony s’accorde sur la guitare céleste de Loïc, et le tandem de briller de mille feux dans un paysage musical actuel un peu trop prévisible lorsqu’il s’agit de dosage.
Mais à quoi bon vulgariser le propos et sombrer dans l’analyse linéaire alors même que chacun saura pertinemment quel titre lui procure le plus de plaisir. J’ai trouvé le mien dans ceux déjà cités, mais aussi dans la bourrasque provoquée par « Faith and Vision », acmé de puissance, et dans la précision emphatique de « Under the Tree of Life » aussi accrocheur que pertinent. « According to Darkness » d’un autre côté, avec son formalisme Power, prouve que le quatuor est toujours capable d’accoucher de morceaux plus spontanés, et en tout cas affolés et fédérateurs. Avec des arrangements toujours aussi subtils et discrets, des refrains tout sauf putassiers et un travail de cohésion énorme, Voici l’Homme est plus qu’un simple album, c’est une assertion, un vœu pieux, presque un sacerdoce, et en tout cas, plus prosaïquement, la révélation éclatante d’un talent que l’on connaissait déjà, mais qui devient ici une évidence lénifiante.
Titres de l’album :
01. March for a Prophecy
02. Prism of Memory
03. Voici l'Homme
04. A Silent Curse
05. Faith and Vision
06. Back in Light
07. Under the Tree of Life
08. According to Darkness
09. The Hunger Theory
10. Symbolic Story
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