Du nouveau sous le ciel vintage au soleil de Morelia, Mexique, avec la sortie du premier album de WITCHSPËLL. Tout est fait pour allécher le chaland, pochette Pulp aux rondeurs macabres affriolantes, nom du groupe avec tréma accentué pour rappeler MOTÖRHEAD et MÖTLEY CRÜE, imagerie gentiment occulte, et surtout, une musique qui retrouve l’impulsion des premières années de transition entre Hard Rock et Heavy Metal. Fondé en 2016, WITCHSPËLL est en quelque sorte l’étoile montante de la scène mexicaine, et agite l’underground depuis la parution en 2019 de son premier EP, Demons, annonciateur d’une passion sans bornes pour l’orée des années 80, mais aussi les seventies, auxquelles les musiciens empruntent pas mal de choses. Encore à la recherche d’un label, suivis par plus de cinq-cents personnes sur leur page Facebook, les mexicains franchissent donc le pas du LP avec un brio incontestable, et nous proposent une poignée de titres pour quarante-deux minutes d’une musique chaude, voire incandescente lorsque le tempo monte dans les tours, et si certains sites n’hésitent pas à les affilier au Speed Metal, la distance les séparant du créneau est encore un peu grande pour franchir le pas. Il n’empêche qu’en faisant preuve parfois d’une énergie de tous les diables, le combo épice sa musique de multiples influences qui ne sont pas sans rappeler les héros de RAVEN, TANK et autres précurseurs d’une musique fougueuse, mais mélodique. Le quatuor (Harold Rentería - basse, Daniel Luna - batterie, Kevin Chavez - guitare et Adrián Carbajal - guitare/chant) développe donc de beaux arguments old-school, et nous propose un beau voyage dans le passé, survolant toutes les tendances en vogue dans les premières années d’une décennie qui allait révolutionner le Hard-Rock et ses extensions.
D’ailleurs, il est assez difficile de dire si le groupe joue un Hard survitaminé ou un Heavy Metal raisonnable lorsqu’on écoute certaines des pistes de Witchspëll. Tout commence par un atomique et survolté « King in Exile », qui cavale d’une vitesse MOTÖRHEAD sur son intro, avant de calmer le jeu d’un up tempo souligné de riffs rageurs. Les musiciens sont en place, l’ambiance est bouillante, et le headbanging devient une évidence après quelques minutes. Sans prétention, WITCHSPËLL propose sa version des choses, convainc de son énergie sauvage, de ses chœurs fédérateurs, et de son allant ne se démentant pas. Beaucoup d’humilité donc, mais aussi de la passion, passion qui leur permet de proposer des morceaux formels, mais beaucoup plus intéressants que les copier/coller de bon nombre de leurs homologues. Production assez sobre et rêche, qui permet aux guitares de rester indomptées, soli propres, basse proéminente qui accentue le groove hypnotique, les éléments sont en place, et la persuasion palpable. Conscients qu’un album fait de redites et de paraphrases ne peut plus fonctionner à notre époque, les musiciens osent donc les variations, les tempi plus lourds, l’emphase d’un Heavy bluesy tel qu’on le jouait dans les années 70, et lâchent le poisseux et lubrique « She's a Killer » au déhanché sexy en diable. Parfaite illustration de cette cover aguicheuse, ce morceau démontre que le groupe n’est pas là pour faire de la figuration, mais bien pour trouver sa juste place dans le troupeau nostalgique. D’ailleurs, ils en profitent pour faire dégénérer le Blues en pur Heavy à la MAIDEN, ce qui démontre qu’ils en ont sous les bottes en termes d’inspiration.
La guitare acoustique nous cueille à froid sur « The Mirror & the Coven », nous entraînant sur la piste d’un Hard bucolique, mais WITCHSPËLL a décidément le chic pour changer l’atmosphère en une seule transition, et durcit le ton sans tomber dans les travers d’un Heavy trop Doom pour être honnête. Agissant parfois comme si l’univers était directement passé de BLACK SABBATH à MAIDEN sans étape intermédiaire, le groupe trousse des explosions rythmiques parfaitement irrésistible et tout sauf incongrue, et accélère le tempo comme bon lui semble, mais toujours avec logique. Les tierces à la THIN LIZZY récupérées par MAIDEN sont aussi leur pain quotidien, et en solo, les guitaristes font un job admirable, trouvant toujours la bonne note à placer au bon endroit. Les titres, parfois longs, sont tous épiques, dans une certaine mesure, mais truffés de riffs accrocheurs, comme en témoigne l’évolutif « The Curse of Aaliyah ». Archétype du morceau à tiroir rappelant tout autant l’Amérique de MANILLA ROAD que l’Angleterre de Steve Harris, ce titre est une petite pépite lyrique de plus de huit minutes, aux soli homériques, et à l’ambiance générale héroïque. Encore une fois, en accentuant les saccades et en laissant la rythmique se dégourdir les jambes, le groupe oppose mélodies et férocité, retrouvant l’impulsion du Heavy d’origine, celui de la NWOBHM, lassé de la tranquillité apparente des seventies. Cet attachement est encore plus probant sur les morceaux les plus costauds, qui se proposent de réunir encore une fois TANK et MOTÖRHEAD, taquinant la vitesse sans négliger l’instrumental, avec toujours en exergue ces mélodies vocales. On pense même aux débuts d’HELLOWEEN, et de la vague Speed allemande, ce qui finalement valide les comparaisons glanées sur le net.
« Alucarda » garde les muscles bien bandés, et reproduit la recette utilisée depuis le début de l’album, mais WITCHSPËLL n’oublie pas que tout premier album digne de ce nom se doit de terminer sur un hymne imparable, et c’est « Witchspell a.k.a Witch Queen » qui remplit cet office avec son refrain catchy en diable et son rythme gonflé. Belle entrée en matière que ce Witchspëll, plein mais varié, qui résume assez bien les premières années 80, alors que les contours d’un renouveau Heavy Metal se dessinaient enfin.
Titres de l’album :
01. King in Exile
02. She's a Killer
03. The Mirror & the Coven
04. Savage, Savage!
05. The Curse of Aaliyah
06. Viridi Oculos (Interlude)
07. Alucarda
08. Witchspell a.k.a Witch Queen
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