Débuter la semaine du bon pied, c’est la meilleure façon de supporter cette routine qui n’a de cesse de nous bouffer. Mais il convient justement de trouver la bande-son idoine pour cet enthousiasme qui doit nous animer, et nous donner l’énergie de continuer à avancer dans la jungle des anecdotes, des récriminations, des habitudes mortelles et autres traces quotidiennes de médiocrité avancée. Pour ce faire, direction les Etats-Unis, et Cleveland, Ohio, pour y rencontre l’un des groupes les plus actifs de l’underground local, en évolution constante depuis 1994. Date de fondation de DARK ARENA, mais faux départ, puisqu’à l’époque, le combo s’appelait encore ARENA et n’a rien publié de notable. Il faudra attendre 2006 et le EP Alien Factor pour que la carrière du combo ne décolle vraiment, et l’adjonction dans son line-up du petit prodige soliste Paul Konjicija. Grâce à ses talents d’instrumentiste et de compositeur, Paul a permis à son groupe de pondre une discographie conséquente, émaillée de trois longue-durée entre 2006 et 2012, avant que l’ensemble ne tombe encore en léthargie avancée.
En 2018, le groupe se remit enfin au travail, mais le destin décidément chafouin envers lui le prive de son atout majeur, rappelant le pauvre Paul Konjicija au paradis l’année suivante…juste après la composition de ce qui devait être le quatrième chapitre de cette fascinante saga. Leur héros parti vers d’autres paradis, les musiciens restant s’en trouvèrent affligés, et l’aventure aurait pu s’arrêter là, sans l’obstination de ces artistes bien décidés à rendre hommage à leur ami tout en offrant à leur public un nouveau présent ancré dans le passé récent.
C’est donc le fameux Worlds of Horror accusant trois ans d’âge que vous aurez l’occasion d’écouter via les allemands de Pure Steel Records, qui se font plaisir en distribuant ce petit monstre d’efficacité sur le marché. L’optique de DARK ARENA a toujours été plus ou moins la même, jouer un Crossover global entre différents styles, incorporant des éléments de Death, de Progressif, de Heavy à leur base de Thrash mélodique, pour créer une sorte de Thrash progressif dramatique en diable, qui n’est pas sans évoquer l’hymne d’une confrérie étrange, opérant en sous-marin dans les tréfonds de l’imagination.
Si certains des albums précédents avaient tendance à laisser des synthés trop bavards s’imposer dans la conversation, Worlds of Horror les a définitivement fait taire pour laisser l’instrument roi occuper le devant de la discussion. C’est donc la guitare qui domine les débats sur ce quatrième album, et autant dire que la belle six-cordes à des riffs à rugir et des soli à roussir. Et avec un frontman de la trempe de Juan Ricardo (RITUAL, SUNLESS SKY, WRETCH, ATTAXE), autant dire que ce nouvel effort brille de toutes ses flammes, et de tous ses chromes. Entre QUEENSRYCHE après une cure de Red Bull, DREAM THEATER en pleine crise d’humilité Thrash (« Damnation Within »), NEVERMORE et SANCTUARY main dans la main cloutée, PRIMAL FEAR moins saucisse que d’habitude, et une forme très larvée de SADUS, les américains lèvent donc le voile sur cet album à la construction post-mortem pourtant très crédible.
Animés des intentions les plus viriles, les membres restant ont donc rendu un bel hommage à leur guitariste disparu en lui permettant de faire crier sa guitare une dernière fois. Prenant parfois des airs de SAVATAGE ayant passé des mois sur les bancs de musculation, Worlds of Horror décrit avec une certaine acuité un monde de désolation, peuplé de créatures sauvages se disputant les rares richesses encore disponibles, dans un décor à la Mad Max revu et corrigé Alex Proyas.
Dès le title-track qui se dispense d’intro et qui déboule tous sextolets et fills en avant, la puissance s’impose, et la rage contre le destin funeste explose par tous les pores. Pas de doute, le groupe est en place, se souvient du JUDAS PRIEST le plus costaud et du GAMMA RAY le moins cartoon pour peser sur nos tympans de toute sa rythmique en puissance brute. Le chant, lyrique, fricotant avec le Thrash et le Power Metal unit tous les éléments pour renforcer l’homogénéité, et le spectre d’un ICED EARTH très remonté trempe ses chaînes dans l’acide de batterie. DARK ARENA a fait le bon choix, à plusieurs niveaux. Celui de la concision et de la brièveté d’abord, avec neuf morceaux pour quarante minutes de musique sous pression, mais aussi celui de la démonstration féroce, en colmatant les brèches trop mélodiques et en sortant les crocs. En prônant des valeurs de Thrash/Power progressif et réellement agressif, les américains nous livrent une prestation vraiment méchante et impressionnante, entre burners Heavy aux biceps effrayants (« Dark Arena », « Bite the Bullet »), et course de fond au rythme lourd (« Destiny Bridge »).
Pas vraiment Thrash mais pas complètement Power non plus, Worlds of Horror accepte l’ajout d’harmonies amères pour accentuer la pression et l’étrangeté de sa musique (« Destiny Bridge »), mais ne cède jamais à la tentation d’un refrain lénifiant et trop populiste. Nous évitons ainsi l’écueil d’un album formaté pour plaire à tout le monde, et les américains nous démontrent que le sans-faute est possible, pour peu que les compositions soient solides et un minimum créatives. Et ne vous attendez pas à cette impression larmoyante d’album posthume, puisque Worlds of Horror sonne comme l’œuvre d’un groupe vivant, soudé comme jamais, et non comme des pièces de puzzle rapportées et assemblées à la hâte pour se souvenir d’un être cher.
On déplore évidemment la disparition de Paul Konjicija, mais autant admettre que le fantasque et fantastique guitariste nous aura laissé un sacré cadeau avant de partir. Il permet à DARK ARENA de rester sur les rails, et de livrer ce qui restera l’un des meilleurs albums de sa carrière. So long…
Titres de l’album:
01. Worlds of Horror
02. Dark Arena
03. Annunaki Arise
04. Damnation Within
05. Bite the Bullet
06. Kill Procedure
07. Sacred Rite
08. Destiny Bridge
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Je n'avais pas été vraiment convaincu par l'album précédent, trop gonflé aux hormones inutilement, là ça respire, ça pue le old-school à plein nez, ça sent l'achat !
29/03/2025, 07:54
On va peut-être vous ouvrir un sujet "La Géopolitique vue de ma fenêtre" dans le forum, ça pourrait vous être utile parce que je ne suis pas certain que ça passionne tout le monde tout cela....En tout cas, étant donné qu'il y(...)
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"Oui, comme nous en France en 1914 quand nous voulions récupérer l'Alsace et la Lorraine. Rien de choquant pour moi."Ouais, rien de choquant. Cet idiot utile de Zelensky avait juste faite sa campagne en faveur de la paix.
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Ce que tu fais MorbidOM, c'est une généralité pour tout un peuple. Marrant, quand on fait ça avec un pays d'Afrique ou du Moyen-Orient, on est aussitôt taxé de "fachos"...
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27/03/2025, 06:02
Il me semble que lorsqu'on parle de “désukrainiser” l'Ukraine on est pas loin d'une logique génocidaire.Après mon jugement est peut-être influencé par les massacres de Boutcha ou la déportation de dizaines de milliers d&ap(...)
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J'aime beaucoup Céleste mais il était en effet d'une bêtise incommensurable que de faire telle tournée. Après, il ne faut pas se plaindre des conséquences, assez cohérentes avec les vives tensions géopolitiques actuelles.Apr&egr(...)
26/03/2025, 16:53
MorbidOM qui critique ( à juste titre ) les donneurs de leçons... mais tout en endossant lui aussi le rôle de donneur de leçons !!
26/03/2025, 14:33
La Russie organise un génocide ? Il faut faire attention aux mots qu'on écrit parfois.
26/03/2025, 13:42
Merci oui c'était bien eux. J'avais beaucoup aimé leur prestation sans donner suite, c'est l'occasion de se rattraper.@Buck Dancer : sur Reign of infinite je trouve également.
26/03/2025, 13:37
Pour une fois je soutiens complètement les festivals qui ont autre chose à faire que de se farcir ce genre de polémique. Ça n'a rien à voir avec exhumer des paroles volontairement provocantes écrites il y a 20 ans. Et puis on parle quand (...)
26/03/2025, 11:24
Z'ont qu'à également organiser une tournée en Ukraine et y'aura un-partout-balle-au-centre...CQFD.
26/03/2025, 08:33